Découverte d’un lien entre le pH, la vitesse de croissance et l’architecture du squelette en verre chez des diatomées

Par Bernard M.
Publié le 15 novembre 2012 à 12:58

Découverte d’un lien entre le pH, la vitesse de croissance et l’architecture du squelette en verre chez des diatomées Parmi les microalgues, les diatomées sont des micro-organismes unicellulaires (de 2 μm à 1 mm) présents dans tous les milieux aquatiques et enveloppés par un squelette externe siliceux (ou exosquelette en verre). Une équipe de scientifiques dirigée par Pascal Jean LOPEZ, du laboratoire « Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques » (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/IRD/UPMC) vient de mettre au point une technique pour étudier la dynamique du processus de morphogenèse de l’exosquelette de cette microalgue. Grâce à cette technique, un lien entre la vitesse de formation et la morphologie a été révélé. Cette découverte a permis également d’établir un lien entre l’impact du pH environnemental et la formation de cet exosquelette en verre (ou thèque[1]) chez les diatomées. Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans la revue PloS One. Les modifications du climat, qui engendrent des perturbations des environnements marins, posent la question de l’impact potentiel de l’acidification sur la croissance de certaines algues et leur capacité à synthétiser un squelette et notamment les squelettes en verre produits par les diatomées. Ces dernières jouent un rôle important dans la régulation des cycles du carbone et de la silice. Dans un premier temps, l’étude réalisée a mis en évidence l’importance de la régulation de l’homéostasie[2] de pH sur la formation du squelette chez les diatomées. L’approche pluridisciplinaire a également révélé l’existence d’un lien entre le pH intracellulaire et la vitesse de formation des thèques, et entre ce dernier et la taille des pores nanométriques à la surface des squelettes. Cette étude participe au désir de mieux comprendre l’esthétique des formes biologiques et plus particulièrement celles en verre. Tout comme les architectes contemporains qui utilisent le verre pour jouer sur les profondeurs, les perspectives et la transparence, les diatomées réguleraient, même sous la contrainte d’une perturbation du pH environnemental, la vitesse d’assemblage de leur squelette afin de maîtriser leur morphologie et leurs capacités d’échange avec le milieu environnant.