Définir les frontières géographiques de l'Europe

Par Bernard M.
Publié le 16 mars 2006 à 15:33

Dans un rapport adopté jeudi sur la stratégie de l'élargissement de l'Union, les eurodéputés ont demandé pour la première fois que l'on définisse "les frontières géographiques" de l'Union européenne, sa capacité d'absorption

Dans ce rapport adopté à une large majorité de 397 voix contre 95, les eurodéputés souhaitent que la Commission européenne définisse la "capacité d'absorption" de l'UE, un critère flou, de plus en plus mis en avant par les opposants à de nouveaux élargissements de l'Union.



"Il est essentiel pour saisir la notion de capacité d'absorption de définir la nature de l'Union européenne, y compris ses frontières géographiques", jugent les eurodéputés. Un amendement proposant la suppression de cette mention des frontières a été rejeté à une courte majorité de 284 contre 260 voix. Aujourd'hui, "l'enlisement" de la Constitution européenne "empêche l'UE d'accroître sa capacité d'absorption", jugent les eurodéputés.



Autrement dit, au-delà l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie prévue le 1er janvier 2007, toute nouvelle adhésion est impossible sans une réforme du traité de Nice actuellement en vigueur.



L'UE a entamé des négociations d'adhésion avec la Turquie et la Croatie en octobre dernier et a accordé le statut de candidat à l'adhésion à la Macédoine en décembre. Mais toute adhésion éventuelle n'interviendra pas avant de longues années, au moins 10 ou 15 dans le cas de la Turquie.



La "capacité d'absorption" devrait être aussi au coeur des discussions sur la stratégie d'élargissement de l'UE prévue au sommet européen de juin. Pour "les pays européens actuellement sans perspectives d'adhésion", comme l'Ukraine, les députés demandent à la Commission et au Conseil de "leur faire des propositions de relations multilatérales étroites avec l'UE", sans davantage de précisions.



Ils invitent enfin les Etats membres et la Commission à élaborer une stratégie de communication pour "répondre aux inquiétudes légitimes des citoyens en ce qui concerne l'élargissement et l'intégration européenne", en allusion aux "non" français et néerlandais à la Constitution européenne.