Des poissons migrateurs placés sur écoute
Publié le 22 juillet 2009 à 14:37
Afin de comprendre comment des poissons migrateurs qui se reproduisent en mer colonisent les eaux douces pour s’y développer, une expérience de suivi à distance de leurs déplacements est conduite durant l’été dans l’estuaire de la Seine par le GIP Seine Aval et le Cemagref, en collaboration avec la cellule de suivi du littoral normand. Ces travaux permettront d'apporter des réponses aux enjeux majeurs actuels liés à l'avenir des grands fleuves, à savoir l'amélioration de la qualité de leur eau et de leur continuité écologique.
Afin de comprendre comment des poissons migrateurs qui se reproduisent en mer colonisent les eaux douces pour s’y développer, une expérience de suivi à distance de leurs déplacements est conduite durant l’été dans l’estuaire de la Seine par le GIP Seine Aval et le Cemagref, en collaboration avec la cellule de suivi du littoral normand. Ces travaux permettront d'apporter des réponses aux enjeux majeurs actuels liés à l'avenir des grands fleuves, à savoir l'amélioration de la qualité de leur eau et de leur continuité écologique. Dans la zone des îles situées en amont de l’estuaire de la Seine, entre le barrage de Poses et Rouen, des équipes de scientifiques (1), coordonnées par le Cemagref, institut de recherche pour la gestion durable des eaux et des territoires, ont équipés de jeunes anguilles, flets et mulets porcs, d’émetteurs acoustiques. Jusqu’à fin août, ils vont ainsi suivre leurs déplacements grâces à des hydrophones fixés sur des bouées immergées, qui permettent de capter les signaux émis par les émetteurs, propres à chaque poisson. Ces signaux, enregistrés en continu, offrent aux scientifiques la possibilité d’étudier le comportement de ces espèces et, en particulier, de comparer leur stratégie de fréquentation des différents habitats (eaux salées, eaux saumâtres, eaux douces).
Cette expérience, soutenue par le GIP Seine aval, permettra également de sensibiliser les acteurs locaux aux poissons de la Seine et à leurs exigences. Elle s’inscrit plus largement dans le cadre du projet THALASSOTOK, lancé en 2008 pour une durée de trois ans. Ce projet a pour objectif d’examiner de manière comparative, dans l’estuaire de la Seine et de la Gironde, les stratégies mises en oeuvre par ces trois espèces de poissons thalassothoques, qui se reproduisent en mer puis colonisent les eaux continentales pour y accomplir leur croissance. Ces espèces migratrices, qui supportent de vivre dans des eaux de qualité médiocre, sont en effet susceptibles d’être les premières à coloniser les cours d’eau, pour lesquels, à l’instar de la Seine, la qualité de l’eau et la continuité amont-aval ont été améliorées. Dans un contexte actuel orienté sur l’amélioration de la qualité des grands fleuves et de leur continuité écologique, les scientifiques cherchent à comprendre comment l’environnement influe sur les déplacements de ces poissons et leurs séjours dans les différents habitats durant les premières années de leur vie.