Dominique de Villepin épingle Ségolène Royal …

Par Bernard M.
Publié le 26 octobre 2006 à 17:48

… mais s'inscrit dans ses pas sur la démocratie participative

Dominique de Villepin a épinglé jeudi Ségolène Royal à propos des jurys populaires, mais ne lui en a pas moins emboîté le pas en plaidant pour "une démocratie consultative" et des Conseils des ministres télévisés afin de faire "tomber les Bastille".

Après le tollé suscité à gauche comme à droite par la proposition de la présidentiable socialiste, le Premier ministre a dénoncé les jurys de citoyens --approuvés à 59% par les Français, selon un sondage CSA jeudi-- en se démarquant surtout de sa "formulation".



"Malheureusement, cela nous ramène à des expressions d'un autre âge et souvent funestes", comme les "comités de salut public", a-t-il déclaré lors de sa 16e conférence de presse mensuelle.



Une expression déjà utilisée il y a juste six mois, au lendemain de sa défaite sur le CPE.

"Même en 2006, nous ne cessons de construire et de reconstruire des Bastille", avait-il déploré, pointant des "conservatismes qui ne sont pas toujours là où on croit".



Surtout, sur le fond, M. de Villepin a lui aussi plaidé pour le développement d'une "démocratie consultative" là où Mme Royal vante les mérites de la "démocratie participative".



"C'est bon pour le citoyen et pour les politiques qui souffrent d'être incompris", a-t-il argué, en s'exprimant longuement, à deux reprises, sur cette question.



Comme s'il voulait apporter sa pierre au débat présidentiel de 2007, le chef du gouvernement a appelé à "bousculer les habitudes" et faire en sorte, avant une décision, "d'engager des consultations qui éclairent".



Il s'est engagé à "ouvrir" le prochain Conseil interministériel sur l'Europe à Matignon, rappelant au passage avoir été le premier Premier ministre à "rendre compte devant les citoyens tous les mois".



"Il viendra peut-être un jour où ce sera le président de la République qui fera cela systématiquement", a-t-il glissé, alors que Jacques Chirac est notoirement peu adepte des conférences de presse.



M. de Villepin a estimé que le débat sur la place des citoyens n'était pas "un débat droite-gauche", mais entre ceux qui veulent "apporter des solutions" et ceux qui veulent "au contraire rester cantonnés sur ce qui existe".



Interrogé par notre confrère l'AFP, le politologue Dominique Reynié a jugé "qu'en acceptant que la campagne se déplace sur ce terrain, Dominique de Villepin aidait beaucoup Ségolène Royal".



"Il lui donne plus de poids pour ordonner l'agenda politique et valide sa façon de percevoir les mouvements de l'opinion", analyse-t-il … A suivre ! Mais hors sondages …