Fabius pense être vraisemblablement en seconde position au 1er tour de la primaire PS

Par Bernard M.
Publié le 03 novembre 2006 à 14:55

Laurent Fabius a affirmé jeudi qu'il serait "vraisemblablement deuxième au premier tour" de la primaire à l'investiture socialiste à la présidentielle, le 16 novembre, estimant que "les choses sont en train de bouger dans les profondeurs du PS".

"Je pense que je serai vraisemblablement deuxième au premier tour et j'espère être premier au deuxième tour (prévu le cas échéant le 23 novembre, ndlr), à condition bien sûr que les débats portent sur le fond", a-t-il déclaré à la presse à l'occasion d'une réunion publique à Clamart.



"Je sens que les choses sont en train de bouger dans les profondeurs du PS", a indiqué, lors cette réunion, M. Fabius qui est toujours largement distancé dans les sondages par Ségolène Royal mais dans une moindre mesure par Dominique Strauss-Kahn.



"On commence à voir se dessiner un paysage qui n'est pas exactement celui qu'on nous avait projeté" en se fiant aux enquêtes d'opinion, a-t-il dit devant plus de 400 personnes.



"Il pourrait y avoir des surprises", a assuré l'ancien Premier ministre, plusieurs fois applaudi.



"Les militants socialistes sont des femmes et des hommes libres", a-t-il martelé, plaidant pour un "choix libre".



Dans une allusion à Mme Royal, il a plaidé pour "une gauche qui ose être de gauche et qui ne fabrique pas une espèce de blairisme régionalisé".



"Il y a un codicille: il n'y a pas de rassemblement de la gauche sur des positions qui ne seraient pas clairement de gauche".



Un tel rassemblement ne pourrait pas s'opérer "sur la suppression de la carte scolaire ni le « dynamitage » de l'université", a-t-il affirmé, en visant respectivement Mme Royal et DSK.



Evoquant ses deux "camarades compétiteurs", M. Fabius les a décrits comme "des personnalités de talent (qu'il) respecte".



"Ils ont de l'expérience, parfois ils me reprochent ma trop grande expérience", a-t-il ironisé.



Présent à cette réunion publique, Bruno Julliard, président du syndicat étudiant Unef, a expliqué avoir "répondu avec grand plaisir" à l "invitation" de M. Fabius.



Il a expliqué avant la réunion "apprécier une grande partie de son discours, sur les thèmes qui (lui) sont chers: l'éducation, l'université, la crise que traversent les banlieues".



En d’autres termes, M. Julliard s'est dit "assez sensible au fait que (M. Fabius) ne cherche pas à aseptiser son discours, ce qui est un peu la mode actuellement en politique où il faut qu'il y ait le moins d'aspérités possibles".



Mais cette figure emblématique du conflit du contrat première embauche (CPE) s’est attachée à préciser que sa présence à cette réunion "ne constituait évidemment pas un soutien".



"Je n'ai pas à soutenir de candidat en tant que responsable syndical, mais évidemment je m'intéresse de très près au débat politique, surtout présidentiel", a conclu le président de l'Unef, dont la direction est proche de la gauche du PS.