Face au réchauffement climatique, quel impact sur la flore alpine ?
Publié le 10 mai 2012 à 15:45
Face au réchauffement climatique, la flore alpine connaitra une diminution de ses aires de répartition plus importante qu'estimée jusqu'à présent. Les espèces endémiques des Alpes devraient connaître les plus fortes pertes d'habitats. Ces nouveaux résultats ont été obtenus par une collaboration européenne qui implique notamment Wilfried Thuiller, chercheur CNRS au Laboratoire d'écologie alpine (CNRS / Universités Joseph Fourier et de Savoie). En utilisant une nouvelle approche qui prend en compte la dispersion et la démographie des espèces, les chercheurs ont prédit qu'en moyenne, la réduction d'habitat pour les espèces alpines serait de l'ordre de 44 à 50 % pour la fin du 21e siècle. Ces estimations sont similaires aux simulations obtenues avec les modèles traditionnels. Principales nouveautés, la dynamique des populations serait décalée par rapport aux tendances climatiques, et en moyenne 40 % des aires de répartition toujours occupées à la fin du 21e siècle seraient situées en dehors des conditions favorables pour les espèces, ce qui créerait un délai d'extinction. Publiés en ligne le 6 mai 2012 dans Nature Climate Change, ces résultats revisitent les conclusions optimistes sur les réductions modérées des aires de répartition des espèces alpines au cours du 21e siècle.