H5N1 : arrêtez le massacre

Par Bernard M.
Publié le 23 mars 2006 à 10:05

Des députés et des associations de défense des animaux ont dénoncé mercredi les "pratiques inadmissibles" d'administrations ou individus qui abattent oiseaux, chats ou fouines en pensant se protéger de la grippe aviaire

Ces pratiques sont surtout le fait "d'administrations ou d'élus qui, par excès de précaution, vont commettre le pire", a affirmé devant la presse le député UMP Lionnel Luca (Alpes-Maritimes), vice-président du groupe d'études sur la protection des animaux de l'Assemblée nationale.

Chaque jour, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) est saisie d'une décision administrative à traiter", a souligné son président, Allain Bougrain-Dubourg.



Il s'agit souvent, a-t-il ajouté, de décrets de "maires de bonne foi qui tentent d'apporter la sécurité à leurs citoyens" mais prennent des décisions sans fondement. Ces élus ordonnent par exemple l'abattage des pigeons dans la commune ou la destruction des nids d'hirondelles, espèce pourtant protégée chez laquelle aucun cas de contamination par le virus H5N1 n'a été relevé.



Certaines municipalités vont jusqu'à ordonner le trappage des chats depuis la découverte d'un félin mort de la grippe aviaire sur l'île allemande de Rügen, voire l'éradication des fouines.



De simples mesures d'hygiène suffisent pour se protéger, a rappelé la députée PS Geneviève Gaillard (Deux-Sèvres), présidente du groupe d'études, lors de la même conférence de presse : il faut se laver les mains et ne pas toucher d'animaux morts.



Selon elle, certains maires pourraient être tentés d'"utiliser le prétexte de la grippe aviaire pour se débarrasser des chats libres ou des pigeons".



Pour le président de la Société protectrice des animaux (SPA), Serge Belais, la peur suscitée par le virus H5N1 donne "bonne conscience" à ceux qui veulent abandonner leur chat. La SPA redoute que de nombreux chats soient lâchés dans la nature, ce qui se traduira par des arrivées massives dans les refuges quelques mois plus tard.