L 'apprentissage à 14 ans démarre à la prochaine rentrée scolaire

Par Bernard M.
Publié le 23 juin 2006 à 10:48

Gérard Larcher a signé hier avec quinze branches professionnelles un engagement à accueillir des apprentis de 14 ans

L'objectif du gouvernement consiste à " faire bénéficier 15.000 jeunes d'un parcours d'initiation aux métiers à la rentrée 2006 ", a indiqué hier Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, lors de la signature avec quinze branches professionnelles d'un engagement à accueillir des élèves de 14 ans à partir de la rentrée 2006-2007.



Instauré par la loi du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances, l'apprentissage junior était l'une des mesures phares du texte. Elle avait alors soulevé un véritable tollé au sein de la classe politique et la sphère syndicale avant d'être " supplantée " sur le plan médiatique par le contrat première embauche (CPE) devenu mort-né.



Pour la première année consacrée dès 14 ans à un " parcours d'initiation aux métiers " (PIM), le texte prévoit que, " lorsqu'un stage professionnel excède 20 jours de présence dans la même entreprise, y compris de manière discontinue ", il donne lieu au versement d'une gratification de 20 % du Smic par heure d'activité, selon un projet de décret qui doit encore être soumis au Conseil d'État.



Les élèves de 14 ans qui sont admis dans une formation d'apprentissage junior, " sur leur demande et celle de représentants légaux ", restent sous statut scolaire et sont suivis par un tuteur. Celui-ci peut être le chef d'entreprise ou un salarié ayant au moins un an d'ancienneté. Le junior ne pourra en revanche signer un contrat d'apprentissage standard qu'après avoir soufflé ses 15 bougies et avec l'accord de son représentant légal.



La décision du jeune est également réversible, c'est-à-dire qu'il pourra toujours mettre fin à sa formation en apprentissage pour reprendre sa scolarité. Dans ce cas-là, après un bilan approfondi, il intégrera la " classe qui correspond à son niveau ", précise le projet de décret.



En paraphant hier le document, les entreprises des secteurs du bâtiment et des travaux publics, de l'hôtellerie, du commerce, des transports ou de la métallurgie se sont donc engagées à veiller à l'articulation des enseignements généraux, technologiques et des périodes de stage professionnel. La mise en oeuvre de ces actions sera soutenue par l'État à hauteur de 20 millions d'euros, au titre du fonds national de développement et de modernisation de l'apprentissage et dans le cadre d'avenants aux contrats d'objectifs

et de moyens conclus avec les régions.



Reste qu'accueillir un jeune de 14 ans dans une entreprise n'est pas chose facile. Surtout pour les petites entreprises, a rappelé l'un des signataires, Jean-Eudes Dumesnil du Buisson (CGPME), qui souhaite donc que tout soit fait " pour faciliter cet accueil ".