La 64e réunion annuelle de la Commission baleinière internationale s'achève sur une note positive
Publié le 09 juillet 2012 à 11:46
Les gouvernements réunis cette semaine à l'occasion de la 64e réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) ont reconnu les impacts liés aux projets d’explorations pétrolières et gazières entraînant entres autres des nuisances sonores susceptibles de désorienter, blesser ou encore tuer les baleines. Un groupe de travail réunissant de nombreux états a décidé de s'attaquer à ce problème. Un fond dédié pour les petits cétacés a également été mis en place.
Des projets off-shore de plus en plus nombreux qui mettent en péril la survie des cétacés Les gouvernements s'inquiètent des menaces que font peser aux cétacés les projets off-shore (pétrolier et gazier) de plus en plus nombreux. En effet, les eaux de l'Arctique où vivent de nombreuses baleines, pourraient voir le géant pétrolier Shell démarrer ses opérations de forage dès ce mois-ci alors que le groupe industriel reconnaît qu'aucune technologie n'existe à ce jour pour nettoyer les eaux en cas de fuite ou de marée noire. Il en est de même au large de l'île de Sakhaline, en Russie, où les compagnies pétrolières envisagent de construire de nouvelles plateformes de forage off-shore situées à proximité de la zone d'alimentation des 150 dernières baleines grises occidentales existantes. Ne comptant plus à ce jour que 26 femelles, cette colonie de baleine est aujourd'hui fortement menacée d'extinction. > La création d’un groupe de travail sur l’impact de la pollution sonore en mer Si le WWF déplore le rejet de la proposition de création d’un sanctuaire baleinier dans les eaux de l’Atlantique Sud et s’inquiète de l’annonce de la reprise de la pêche scientifique par les coréens, après 26 ans d’interruption, il salue néanmoins la création d’un groupe de travail sur la pollution sonore en mer et l’impact des explorations sismiques pétrolières et gazières off shore sur les cétacés. Ce groupe de travail, porté par les Etats-Unis et très fortement appuyé par Mexico et l’Union Européenne, rassemble l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Argentine. La France, particulièrement concernée par cette thématique en Méditerranée et plus récemment en Guyane, s’est laissée le « temps de la réflexion » avant d’intégrer ce groupe de travail, bien qu’elle ait été fortement encouragée à y participer. Le WWF France exhorte l’Etat français à devenir un membre actif de ce groupe de travail, alors que démarre les explorations sismiques pétrolières de Shell au large de la Guyane, en pleine saison migratoire des cétacés et tortues marines. En effet, les activités d’exploration sismique pétrolière et gazière qui émettent des signaux à basse fréquence dépassant les 200 décibels ont des impacts physiologiques (stress) et comportementaux avérés sur les cétacés. Ces derniers, qui sont alors désorientés, abandonnent leur zone de nourriture ou peuvent être sujets à des « accidents de décompression » pouvant entraîner leur mort. > Mise en place d’un fonds pour les petits cétacés La création récente d’un fonds dédié à la conservation des petits cétacés, placé sous l’égide de la CBI, a été saluée par beaucoup de pays membres. La France a annoncé qu'elle y participerai sans néanmoins préciser le montant qu’elle y allouera. En clôture de cette semaine, la Commission baleinière Internationale a décidé de mettre en place des réunions semestrielles. Aucune nation n'a cependant prévue d’accueillir la prochaine commission prévue en 2014.