La candidature Royal en crise dans l’opinion

Par Bernard M.
Publié le 12 avril 2007 à 13:42

Jamais depuis l’investiture de Ségolène Royal par le Parti socialiste les électeurs ne s’étaient dit aussi sûrs de leur choix pour le premier tour (71%), ce qui rend d’autant plus problématique la situation de la gauche en général, et de l’élue du Poitou-Charentes en particulier.

La nette progression de Jean-Marie Le Pen à l’orée de la campagne officielle, exactement comme en 2002, est pour l’heure contenue à hauteur de 14%, et semble d’autant moins préoccupante pour Nicolas Sarkozy que sept électeurs frontistes sur dix se reporteraient au second tour sur le candidat de l’UMP.



Les intentions de vote en faveur de Jean-Marie Le Pen sont particulièrement fréquentes parmi les catégories populaires (20% chez les ouvriers et employés), ce qui rend compte aussi de l’absence de véritable percée du vote d’extrême gauche, mais demeure marginale parmi les cadres et les membres de professions libérales (1%).



Les indices multiples d’une participation importante le 22 avril prochain, et donc d’une mobilisation des personnes disposant d’un niveau de diplôme et de revenu relativement modeste, sont autant de facteurs favorables pour le candidat du Front national.



Plus encore que le premier, le second tour, pour lequel la part des personnes ayant exprimé une intention de vote et se disant sûres de leur choix atteint 87% (plus 4 points en une semaine), atteste de la crise de la candidature socialiste.



Avec seulement 45%, Ségolène Royal enregistre son plus mauvais score face à Nicolas Sarkozy. Même parmi les salariés elle n’obtiendrait qu’une minorité des suffrages (49%).



Qu’une majorité relative des Français considère aujourd’hui que Nicolas Sarkozy, par rapport à elle, « incarne le mieux le changement » (45% contre 38%) et « apporte les meilleurs solutions » à leurs problèmes (46% contre 38%), outre le fait qu’il serait celui ayant le plus « la stature d’un président de la République » (59% contre 30%) révèle la profondeur de l’avantage pris par le candidat de l’UMP. A quelques jours du premier tour ce n’est donc pas seulement d’un défaut de crédibilité personnelle dont pâtit Ségolène Royal, mais surtout d’une perte de crédit politique, tout particulièrement dans les milieux populaires.



Source : 22ème Baromètre BVA – Orange – Presse Régionale du 12/04/2007