Sarkozy bien placé pour le second tour de la présidentielle …mais bataille pour la 2ème place
Publié le 12 avril 2007 à 15:27
A 10 jours du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy paraît bien placé pour être en lice au second tour d'une compétition très rude pour la deuxième place entre Ségolène Royal et François Bayrou, avec bon nombre d'indécis, estiment les sondeurs.
Bien qu'il soit plus haut dans les intentions de vote qu'à la même époque en 2002, Jean-Marie Le Pen serait plutôt un outsider et la probabilité de sa présence au second tour comme il y a cinq ans semble aujourd'hui relativement faible, selon plusieurs d'entre les sondeurs.
M. Sarkozy est crédité de 27% à 29,5% au premier tour par les six principaux instituts de sondage, un niveau élevé, inobservé pour un candidat de droite depuis 1981, selon la Sofres.
"Il y a un candidat clairement favori, Nicolas Sarkozy, un outsider ou challenger, Jean-Marie Le Pen, qui n'est pas « out », et deux candidats proches, François Bayrou, visiblement toujours dans la course, et Ségolène Royal", estime Emmanuel Rivière (Sofres).
"La position de M. Sarkozy est la plus confortable", juge François Miquet-Marty (LH2).
Puis "il y a trois candidats dont les scores ont tendance à converger et un taux d'indécision encore élevé (47%), c'est le nœud de l'élection".
Selon lui, M. Bayrou a plus de chances de perdre des soutiens que d'en gagner, compte tenu de la proportion forte d'indécis sur son nom et M.
Pour Frédéric Dabi (IFOP), "Nicolas Sarkozy semble bien placé pour se qualifier pour le second tour et il y a vraiment l'incertitude Royal-Bayrou".
"Même s'il y a beaucoup d'indécis chez lui" - 49% seulement des électeurs ayant l'intention de voter pour lui se disant sûrs de leur vote, selon IPSOS -, "il dispose toujours d'un noyau dur pas du tout négligeable", ajoute-t-il.
Selon lui, il y a deux inconnues majeures: l'attitude d'une partie des électeurs de M. Le Pen en 2002 qui affirment vouloir voter directement Sarkozy cette fois-ci (pas loin d'un tiers) et le comportement des supporteurs indécis de M. Bayrou, "notamment ceux qui viennent de la gauche".
Le défi pour M. Sarkozy sera de "pouvoir retenir" les électeurs frontistes, "alors qu'en fin de campagne, M. François Bayrou courra, lui, le danger d'un "réflexe de vote utile" d'électeurs de gauche revenant au dernier moment voter pour Mme Royal.
Emmanuel Rivière (Sofres) relève que des électeurs Le Pen 2002 peuvent effectivement quitter M. Sarkozy mais que le contexte - un "kaléidoscope d'enjeux", selon M. Miquet-Marty - n'est pas celui d'il y a cinq ans où l'insécurité avait dominé.
Il ajoute que M. Bayrou peut encore attirer des électeurs de centre droit mais aussi inciter des électeurs à gauche de la gauche "à aller voter utile sur Royal".
Bref, pour lui "il y a deux scénarios equiprobables : un second tour Royal-Sarkozy et un second tour Sarkozy-Bayrou". Réponse le 22 au soir. Tard …