Le « bras de fer » entre Microsoft et Bruxelles continue et rebondit

Par Bernard M.
Publié le 25 avril 2006 à 11:39

Durant toute la semaine, saisie par l'éditeur, la Cour européenne de justice et ses magistrats vont devoir entendre – et comprendre- les arguments des deux parties.

Depuis ce matin, Microsoft et la Commission européenne s'affrontent devant le tribunal de première instance (TPI) de la Cour de justice européenne situé à Luxembourg.



Les treize magistrats devront donc se pencher sur cette question épineuse que celle de la condamnation de Microsoft par Bruxelles pour abus de position dominante, une décision que

Microsoft conteste vigoureusement tout comme la peine qui lui fut infligée.


Si l'éditeur, dans un premier temps, a du se plier aux deux sanctions à savoir :

- fournir une version de son système d'exploitation Windows dépourvu du logiciel multimédia Media Player,

- et publier une «documentation complète et adéquate» concernant les protocoles de communication de Windows (Serveurs et Desktop).



Il n’en ressort pas moins que ceci c’et soldé par un échec cuisant pour Bruxelles qui, si e ridicule tuait, n’existerait plus …


Le roseau plie mais ne se rompt pas. Microsoft en sait quelque chose et semble bien décidé à en découdre avec celles et ceux qui lui imposèrent des décisions et sanctions surréalistes.



Nos eurocrates préférés n’avaient – c’est un euphémisme – rien compris ! Car si le fait de faire créer une version de Windows, sans différence de prix, sans son lecteur multimédia au demeurant gratuit intégré devait ouvrir les portes à d’autres n’avait aucun sens ni aucune justification (car sinon il eût du en être de même pour Quicktime sous Mac OS X et PC, pour les autres lecteurs sous Linux, …), parce que rien n’empêchait l’utilisateur de télécharger ce composant ensuite, les bretteurs bruxellois auraient du mieux se renseigner, mieux analyser les critères qui font qu’un produit logiciel occupe une position dominante. Mais ils ont, dans les faits, malgré tous les moyens qu’ils y ont mis, fait la démonstration qu’ils en étaient incapables.


Depuis la sortie de Windows XP N (i.e. sans son lecteur intégré) à l'été 2005, aucun fabricant de PC n'a choisi de livrer un ordinateur équipé de cette version !



Il était dès lors facile, pour l'avocat de Microsoft, de conclure qu’ «il n'y a pas de demande pour une version de Windows sans fonctionnalité multimédia.» Sic !



A l’appui de plusieurs témoignages, en faveur de l'éditeur, la démonstration que la présence de Media Player ne nuisait en rien au développement de la concurrence, en s'appuyant notamment sur l'exemple du succès du logiciel iTunes d'Apple et d’autres encore vient davantage fragiliser la décision inique et arbitraire de la Commission.



De toutes manières, quoi qu'il arrive, le jugement sera presque une date historique dans l’univers du logiciel car ce qui ressortira des décisions prises à Luxembourg, soit un sévère camouflet à la Commission européenne, soit de contraindre Microsoft à remettre à plat sa politique commerciale au sein de l’Union ne laissera personne indifférent. Ni en termes de symboles et pas davantage sur le plan purement pécunier.