Les '143 rebelles' du PS
Publié le 26 avril 2006 à 02:24
Des femmes "rebelles" du PS manifestent leur "ras-le-bol". Elles ont donc créé une association, les "143 rebelles", pour faire évoluer les pratiques de fonctionnement d'un parti, un parti qui, selon elles, aurait oublié la "démocratie militante"…
… pour une "pipolisation". Pour « people ». Juste de quoi faire plaisir à Ségolène Royal et – bien entendu, lui en faire profiter.
Sous la forme d’un "clin d'œil" au manifeste des "343 salopes" défendant jadis l'avortement, aux « ni putes ni soumises » et autres consorts, le mouvement des "143" est né. Il ne serait, selon celles qui espèrent transformer ce nombre à trois chiffres en bien davantage, que le prolongement, la continuité des luttes menée pour la parité.
Elles se rebellent. Car le PS devrait être "le lieu où s'incarnera la réalisation des principes républicains de liberté et d'égalité". C’est en tous cas ce qu’estime la déclaration fondatrice de l'association, une sorte de profession de foi signée par Anne Hidalgo, rejointe très vite par la première adjointe au maire de Paris, Michèle Sabban, vice-présidente de la région Ile-de-France et Annick Lepetit, secrétaire nationale et député de Paris.
Anne Hidalgo s’est fixé un premier objectif : "regarder, dès maintenant, la question des têtes de liste aux municipales et aux sénatoriales".
De quoi faire chauffer les esprits au sein d’un parti en plein tumulte, du fait des batailles internes pour l’élection de l’an prochain.
Mais surtout, les "143" veulent "faire bouger en profondeur le parti". Elles veulent "rénover les pratiques". Elles tiennent à s'assurer en même temps du "respect des règles".
"On est en train de vouloir contourner le vote des militants avec les sondages et les médias, nous voulons un respect de la démocratie militante", a indiqué, à notre confrère l'AFP, Michèle Sabban, faisant référence à Ségolène Royal, dont les enquêtes d'opinion annoncent le succès.
Or, pour justifier cette nécessaire liberté par une certaine distance, elles font volontiers référence à Vincent Peillon qui avait démissionné de son poste de porte-parole en janvier 2003, avant le congrès de Dijon, quand il a voulu "participer pleinement au débat" avec le courant qu'il venait de co-créer.
"Tout (le pouvoir ndlr) est concentré sur des personnes" a encore indiqué Anne Hidalgo. Or, elle est claire sur ses engagements et convictions : elle n'est pas en effet entrée en politique pour cette « pipolisation » et les effets médiatiques qui en découlent et qui seraient savamment programmés. Non, la mission, la vraie, doit permettre de "participer au travail collectif, dire les choses sur le fond, faire du travail au long cours".
La première adjointe de Bertrand Delanoë ne veut pas "rester sous la pression de certains médias" et c’est bien là la raison pour laquelle cette "démarche est l'expression d'un ras-le-bol", plus qu’un saut ou simple mouvement d’humeur.
Mais au lieu de se poser des questions, de se remettre en cause, d’accepter le débat, déjà, un proche de François Hollande et membre de la direction persifle : interrogé sur la question, il a eu l’inélégance d’apporter une réponse qui fera date dans l’histoire du PS : "elles (les 143 ndlr) sont jalouses de Ségolène parce qu'elles voudraient bien être à sa place".
Sic ! Transit …