Les conditions d'ouverture du marché français du travail

Par Bernard M.
Publié le 04 avril 2006 à 11:35

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont confirmé que l'ouverture du marché du travail aux ressortissants des pays nouvellement entrés dans l'Union européenne se ferait dans des conditions "progressives et maîtrisées"

"Le président a indiqué que l'ouverture du marché du travail serait faite de façon progressive et maîtrisée pour tenir compte des engagements pris", a rapporté l'Elysée après un entretien entre Jacques Chirac et le Premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz.



Pour expliquer cette prise de position, plus tôt dans la journée, Dominique de Villepin avait invoqué la "situation difficile" de l'emploi en France pour justifier l'ouverture prudente, d'ici au 1er mai, du marché du travail national aux salariés de l'Europe de l'Est.

"Nous sommes passés d'une situation de 10,2% à 9,6% (de taux de chômage). Nous connaissons encore une situation difficile, en particulier pour ce qui concerne le chômage des jeunes, ce qui mobilise l'action du gouvernement", avait-il déclaré après un déjeuner de travail avec son homologue polonais, qui effectuait sa première visite officielle en France.



"C'est partant de cette situation que nous souhaitons que l'ouverture soit à la fois maîtrisée et progressive en direction de pays amis comme la Pologne".

"La France veut s'ouvrir pleinement à l'ensemble de ces pays, mais en même temps prendre en compte cette situation qui est la nôtre. Le combat que nous menons sur le plan intérieur pour résorber le chômage donne ses fruits, mais il faut encore du temps et nous souhaitons donc prendre en compte les intérêts des uns et des autres", avait encore souligné Dominique de Villepin.



La France a annoncé le 13 mars une levée progressive des restrictions de l'accès à son marché du travail en faveur des salariés originaires de huit des dix nouveaux pays membres de l'Union européenne (Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie). Le marché du travail français est déjà ouvert pour Chypre et Malte.



La levée des restrictions concernera en priorité "certains métiers connaissant des tensions de recrutement". Selon le ministère du Travail, il s'agit notamment des secteurs du bâtiment et de l'hôtellerie-restauration.

En 2004, la France avait choisi de ne pas ouvrir tout de suite son marché de l'emploi salarié aux ressortissants de ces huit pays, qui restent soumis à une autorisation administrative de travail s'ils veulent s'établir sur le territoire français.



Seuls les travailleurs indépendants (commerçants, artisans, professions libérales) venant de ces pays jouissent d'une liberté totale d'établissement en France.