Les députés allemands durcissent le ton contre les chômeurs
Publié le 02 juin 2006 à 10:00
Les députés allemands veulent supprimer les allocations chômage à un demandeur d'emploi refusant trois fois un travail
Les députés du Bundestag ont adopté hier en commission un dispositif pour sanctionner plus lourdement les sans-emploi refusant un travail ou une formation proposée par l'agence pour l'emploi. Il leur sera coupé les vivres, en un mot l'allocation de solidarité (ALG II) sera supprimée pour les chômeurs de longue durée à partir du troisième refus d'une offre d'emploi.
Les parlementaires ont durci un mécanisme progressif de sanctions en la matière, inclus dans un projet de loi gouvernemental examiné aujourd'hui au Bundestag. Le texte ne contient pas moins de 70 "mesurettes" destinées à corriger des abus dans le système actuel d'indemnisation chômage.
Avec la loi Hartz IV votée par le précédent gouvernement Schröder, l'instauration d'une aide sociale unifiée a entraîné des dérapages budgétaires tels que l'un des objectis majeurs de la nouvelle coalition CDU-SPD d'Angela Merkel a été de vouloir stopper l'hémorragie.
De fait, les dépenses engagées au bénéfice des chômeurs de longue durée sont passées de 37,7 à 45,4 milliards d'euros entre 2004 et 2005, année d'entrée en vigueur de la loi. Un surcoût pour l'État de 3 milliards au titre des seules allocations de solidarité est prévu cette année. En cause, notamment, la hausse du nombre de foyers bénéficiant des subsides, passant de 3,3 millions avant la loi à 4 millions en raison de critères de sélection peu affûtés.
Le législateur et ses erreurs passées ont du reste été critiqués hier de manière inhabituelle par le chef de l'agence fédérale pour l'emploi, Frank-Jürgen Weise. Mais, faute d'accord entre partenaires, la grande coalition a repoussé à l'automne l'examen d'une autre loi destinée cette fois à revoir le barème des indemnités chômage.
Hier, la confédération syndicale DGB critiquait par avance des sacrifices supplémentaires imposés aux chômeurs, alors que la pénurie d'emplois disponibles perdure.
L'agence fédérale pour l'emploi dispose d'un matelas d'à peine 500.000 offres non pourvues. En face, le chômage qui a certes fortement régressé au mois de mai, grâce au retour tardif du printemps, frappe 4,54 millions de personnes. L'agence fédérale pour l'emploi a publié hier cette statistique marquant un recul de 255.000 chômeurs par rapport à avril en données brutes, et de 349.000 par rapport à mai 2005.
Le taux de chômage ressort ainsi à 10,8 %. Le recul mensuel de 93.000 est aussi spectaculaire en négligeant les variations saisonnières.