Les maires veulent renforcer leur rôle dans la sécurité

Par Bernard M.
Publié le 22 novembre 2005 à 10:53

Car malgré la mise en place des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance il y a trois ans, les élus se heurtent toujours à la difficulté du partage des informations avec la police et la justice

Le débat sur le pouvoir des maires en matière de sécurité s'est trouvé relancé par les émeutes des banlieues. Au coeur de la présidentielle de 2002, le sujet était depuis en retrait, même si « le sentiment d'insécurité reste fort dans nos villes, comme en témoigne l'importance du courrier que je reçois et qui concerne surtout des actes d'incivilités », indique Jean-Pierre Balduyck, maire PS de Tourcoing (Nord) et président du Forum français pour la sécurité urbaine.



La mise en place en 2002 des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), au nombre de 800 aujourd'hui, reste une réelle avancée selon les élus, à condition de bien savoir utiliser cet outil.



Présidé par le maire, il comprend de droit le préfet, le procureur, et y sont invités le commissaire de police, les éducateurs ou l'Education nationale.



« Seul le maire peut fédérer tous les acteurs de la lutte contre l'insécurité », reprend Jean-Pierre Balduyck qui a fait de son CLSPD une cellule de veille qui propose des solutions « adaptées », comme l'envoi d'éducateurs, et non de la police, pour sensibiliser les familles et mettre un terme à des rassemblements de jeunes dans des halls d'immeuble.



Pour l'édile, il faut aller plus loin en imposant à la justice et à la police de partager leurs informations.

« Pour que les maires soient crédibles aux yeux de leurs administrés, ils doivent leur apporter des réponses, et ce sans menacer le secret d'une enquête, ni l'indépendance de la justice.

Même dans les zones rurales où il n'y a pas de commissariat », reprend le maire de Tourcoing. En matière de prévention, leur rôle devrait être renforcé dans le projet de loi que prépare Nicolas Sarkozy.



La création de polices municipales est aussi montée en puissance, à la faveur de la disparition de la police de proximité, dont les élus réclament le retour.

Les effectifs ont triplé en vingt ans pour atteindre 17.000 agents en 2004. Près de 3.300 communes en sont dotées (8 % au niveau national), mais « 75 % ont moins de 5 agents », a indiqué récemment Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités territoriales.



Car leur coût est élevé. Leurs missions ont été élargies depuis 2003. A Rouen, après le contrôle des horodateurs, ils s'occupent des problèmes de voisinage. Depuis un décret de 2004, les uniformes des policiers municipaux permettent au public de les différencier de la Police nationale. C'est aussi le cas de leurs véhicules depuis avril.