Les présidents des universités en appelent à la fois au gouvernement et aux étudiants

Par Bernard M.
Publié le 07 avril 2006 à 11:04

Car faute d'une reprise des cours rapide, rattraper le retard pris dans les programmes universitaires deviendra impossible et les examens devront être reportés

"Y'en a marre. On ne peut pas continuer dans ces conditions-là", s'est exclamé Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, au cours d'un point presse.



Avant d'en appeler "au pouvoir politique, au gouvernement et au parlement ainsi qu'aux étudiants pour permettre de sortir urgemment de la crise".

Car "actuellement pour les examens tout est possible, bientôt rien ne le sera plus". En effet, les rattrapages deviennent problématiques et les vacances de printemps se profilent (dès le 8 avril pour l'Ile-de-France et Bordeaux).



"Il faut arrêter de ménager les susceptibilités, de rester dans le flou. Il faut enfin prononcer le mot que les étudiants et leurs syndicats réclament. Ce mot c'est au gouvernement de le prononcer pas à moi", a-t-il déclaré.

Parallèlement, il a appelé les syndicats étudiants, et l'Unef en priorité, à prendre eux aussi leurs responsabilités, à reprendre les cours dès lundi et à trouver éventuellement d'autres moyens d'action contre le CPE.

Et de prévenir : Nous ne délivrerons aucun diplôme au rabais, ils auront cette année la même valeur que d'habitude.



Même inquiétude chez le président de l'université de Rennes 2. "J'ai été hier (mercredi) intervenir à l'Assemblée générale de Rennes 2, devant 200 personnes, le noyau dur du mouvement, et je leur ai dit qu'il fallait prévoir le redémarrage des cours", a déclaré Marc Gontard. La réorganisation des cours va être particulièrement délicate à Rennes 2, première université en France à avoir voté le blocage des cours le 7 février.



Pour son président trois options se présentent. "La première serait que les cours reprennent avant les vacances de Pâques avec une semaine de rattrapage pendant les congés, les examens en juin et les résultats début juillet". La deuxième option "plus délicate", si les cours ne reprennent pas avant le 9 mai, "c'est de repousser les examens à la fin du mois de juin avec les résultats en septembre ce qui pénalise les étudiants qui veulent aller dans d'autres universités ou en IUFM".

Et "la solution la plus catastrophique, c'est qu'il n'y ait pas de reprise avant juin, les cours empièteraient deux semaines sur juillet, et les examens seraient repoussés en septembre".



Côté proviseurs, le Syndicat des personnels de direction des lycées et collèges (SNPDEN) a appelé, jeudi dans un communiqué, à l'abrogation rapide du CPE.

Alertant sur "la gravité de la situation", il a affirmé : "Les établissements ne pourront retrouver le calme que si une issue politique est trouvée à la crise. A ce stade, ni les vacances de printemps, ni l'approche des examens, ni les habiletés sémantiques ou juridiques ne l'apaiseront. Les choses n'ont que trop duré et la réponse trop tardé, elle ne peut plus être aujourd'hui que l'abrogation rapide de l'article 8 de la loi Egalité des chances".