Londres 2012 : les J.O. ont-ils atteint leurs objectifs environnementaux ?

Par Bernard M.
Publié le 27 juillet 2012 à 10:12

Le rapport publié le 20 juillet dernier par le WWF-UK et l’ONG britannique BioRegional évalue les performances environnementales des J.O. « les plus verts de l’histoire olympique » promis par la ville de Londres. Dans ce premier bilan écologique, les pratiques exemplaires côtoient certaines zones d’ombre.

Des objectifs ambitieux et réalistes En 2000, organiser des Jeux Olympiques responsables et respectueux de l’environnement devient une obligation pour toutes les villes participantes. En 2012, la flamme olympique parcours le monde grâce au butane, un carburant propre, mais qu’en est-il du reste des objectifs fixés par le cahier des charges des J.O. de Londres 2012 ? Dans le sillage de la démarche « One Planet Living », le WWF est impliqué depuis 2004 dans la stratégie de développement durable des jeux pour une « One Planet Olympics ». Bâti par le comité organisateur en collaboration avec le WWF-UK et BioRegional, le cahier des charges fixait 76 objectifs relatifs aux transports, à la logistique, la gestion des déchets, la restauration, les hébergements, les équipements sportifs ou encore le développement local. Au programme : zéro émission de CO2, aucune production de déchets, une gestion durable de l’eau et bien d’autres bonnes résolutions. A ce jour, près de 2 millions de tonnes de sols pollués ont été nettoyés et la plupart des visiteurs arriveront en transport public. Grâce à des technologies de pointe, des économies d’énergie seront effectives dans certaines infrastructures. Les services de restauration, quant à eux, transformeront leurs déchets produits durant les jeux en compost ou en carburant. Julie Delcroix, Chargée de programme urbanisme et habitat durables au WWF-France affirme que « comme tout grand évènement sportif, les J.O. ont une empreinte écologique énorme du fait de la consommation massive des visiteurs et de toutes les infrastructures spécialement construites pour les héberger. Cependant, ils peuvent aussi représenter une formidable opportunité pour démontrer que des alternatives sont possibles pour vivre dans les limites des ressources naturelles de la planète en changeant nos modes de vie et de production ainsi qu’en favorisant ici, à Londres, des quartiers mieux irrigués en transport en commun et avec plus de nature ». Un premier bilan modéré Si ces J.O. représentent une belle avancée en matière d’environnement, la ville de Londres aurait pu mieux faire. En effet, les objectifs fixés en termes de carbone, d’énergie renouvelable ou de consommation n’ont été que partiellement atteints. Le rapport publié à la veille du lancement des J.O. par le WWF-UK et BioRegional dresse un premier bilan écologique mitigé. Il atteste des écarts entre les objectifs initiaux et les résultats réels de cette organisation « verte » et désapprouve certains de ses aspects environnementaux. Pour ce faire, ce document donne un aperçu des progrès réalisés en examinant une par une les 76 « promesses » faites au préalable en leur attribuant une note selon qu'elles aient été respectées ou non. Aux yeux du WWF et de BioRegional, l'utilisation stratégique de l'empreinte carbone ou le recyclage des déchets de chantier lors de ces J.O. sont considérés comme exemplaires. En revanche, la production d'énergies renouvelables s’est avérée profondément insuffisante. Seulement 9 % de l’énergie consommée se veut « verte », un chiffre relativement faible en comparaison avec l’objectif de 20 % soutenu dans le cahier des charges. L’autre bémol : la consommation de nombreux produits dérivés loin d’être éco-conçus etqui plus est, labellisés J.O. Une fois les jeux terminés, le WWF publiera un examen plus complet de la valeur écologique des Jeux Olympiques 2012. En attendant, espérons que les médailles françaises soient au rendez-vous !