Londres met en œuvre une ambitieuse réforme des retraites
Publié le 26 mai 2006 à 12:04
Le gouvernement britannique a dévoilé, jeudi 25 mai, un programme visant à repousser l'âge de la retraite à 68 ans et à encourager les Britanniques à épargner
Le Livre blanc dévoilé par le ministre du travail et des pensions, John Hutton, reprend "90 à 95 %" de la réforme proposée par la Commission présidée par l'ancien patron des patrons Adair Turner.
Le projet de réforme prévoit que l'âge officiel de la retraite, actuellement de 65 ans pour les hommes – cinq de plus qu'en France – et de 60 ans pour les femmes, sera allongé progressivement à 68 ans d'ici à 2048, et que la population active souscrira automatiquement à un programme d'épargne national.
Les salariés qui n'ont pas conclu d'assurance-retraite auprès d'un organisme privé devront obligatoirement souscrire, à moins qu'ils le refusent de manière explicite. Les salariés devront y verser 4 % de leur salaire, tandis que la contribution de l'employeur se montera à 3 %. Pour amortir l'impact sur les entreprises, la contribution sera étalée sur trois ans, avec 1 % supplémentaire chaque année.
La réforme améliorera aussi la situation des mères de famille, dont beaucoup n'ont pas suffisamment cotisé pour pouvoir prétendre à une retraite complète de l'Etat en raison d'une vie active discontinue.
Par ailleurs, le gouvernement travailliste de Tony Blair a accepté de revenir sur une mesure prise par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher en 1981, en réindexant la pension d'Etat sur les salaires et non plus sur l'inflation, ce qui est nettement plus avantageux actuellement.
Tony Blair a salué un "jour décisif". "L'idée est de faire quelque chose qui dure, pas seulement pour cette génération-ci, mais pour les générations futures, et qui nous donne une chance d'avoir un moyen vraiment solide, durable, réaliste et abordable pour que les gens puissent épargner pour leur retraite", a-t-il déclaré.