PS : congrès impitoyable ?

Par Bernard M.
Publié le 21 octobre 2005 à 18:14

Le climat passionnel et tendu de la réunion des socialistes parisiens, mardi soir, laisse augurer d'un congrès du Mans à la manière d’un « Roller Ball » ou de Dallas et son univers impitoyable. PS: vers un congrès impitoyable en novembre

Un rassemblement général autour d'une motion de synthèse au congrès (18-20 novembre) reste pourtant un scénario possible, MM. Hollande et Fabius, notamment, pouvant y trouver intérêt, selon un opposant de premier plan à la majorité sortante.



En présence des deux hommes, l'assemblée générale de la fédération de Paris, devant 1.800 personnes réunies à la Mutualité, a tourné au défoulement des rancoeurs accumulées lors du référendum du 29 mai sur la Constitution européenne, où les socialistes, malgré un vote interne favorable au traité, s'étaient divisés.



Applaudissements frénétiques des uns et sifflets des autres se sont mêlés tandis que les supporters faisaient donner les cornes de brume dans une ambiance digne d'un match OM-PSG.



En termes de faveur auprès des militants, le camp Hollande et le camp Fabius-NPS s'est s'achevé par un match nul.
Reprenant la parole en fin de réunion, François Hollande a déploré "un peu trop de passion".



"Je n'accepte pas qu'on puisse couvrir, de la voix, la voix d'une autre socialiste", a-t-il dit.



Ce sont pourtant ses partisans qui avaient donné le la, par une très longue salve d'applaudissements lorsqu'il est monté à la tribune.



La réunion a failli déraper lorsqu'une adjointe du maire de Paris, Marie-Pierre de la Gontrie, se déclarant "choquée par l'attitude de Laurent" durant la campagne référendaire, a été plusieurs fois interrompue par les fabiusiens.



"Ils", c'est à la fois François Hollande et Laurent Fabius, précise-t-il.
En outre, en évoquant d'emblée "le respect du vote" des militants, François Hollande a paru faire de la démocratie interne la première priorité du congrès, donnant corps aux reproches de l'opposition interne de vouloir faire "un congrès de revanche".



Cette approche est critiquée par des proches de Dominique Strauss-Kahn (motion Hollande).



Ce n'est pas la meilleure méthode pour gagner au Mans et préparer l'après-congrès, juge en substance le député de Paris Jean-Marie Le Guen.



Enfin, la garde rapprochée du premier secrétaire et le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon, allié à Laurent Fabius, s'accusent mutuellement de "fractionnisme".
La suggestion de M. Hollande d'organiser une pré-désignation interne à son courant, avant l'investiture par tout le parti du candidat à l'élection présidentielle de 2007, a aggravé les tensions avec les fabiusiens.



M. Mélenchon y voit "une nouvelle étape mortifère pour l'unité du PS".



Cette procédure compliquerait la tâche de M. Fabius pour l'investiture, car il ne pourrait plus tabler sur la division entre présidentiables du courant Hollande.



Accusant mardi la direction de "jeter du sel sur les plaies", Vincent Peillon, co-fondateur du Nouveau Parti socialiste (NPS), a en effet annoncé que son courant ne participerait "à aucune majorité sans" les fabiusiens".



Encore faudrait-il qu'un apaisement prépare les conditions de cette synthèse.