Pour l'OCDE, la France ne travaille pas assez
Publié le 08 février 2006 à 11:27
Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l'OCDE, présentait cette semaine le tableau annuel des «politiques structurelles» dans les trente pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique
Pour la France et l'Allemagne, le diagnostic est sans surprise : le retard actuel, d'environ un quart, de la richesse produite – le produit intérieur brut par habitant – s'explique principalement par un manque d'ardeur au travail.
Alors que la productivité par heure est pratiquement identique (voire supérieure chez nous), Français et Allemands travaillent entre 25% et 30% de moins que les Américains. Ils sont moins nombreux à avoir un emploi (moins de 70% des 15-64 ans, au lieu de 75% aux États-Unis, et même 80% au Danemark) et ceux qui en ont un y consacrent moins de 1 500 heures (contre 1 700 outre-Atlantique) par an.
L'OCDE propose à la France trois grandes recommandations pour élargir son marché du travail.
- «accroître le taux d'activité des seniors»: l'OCDE salue «les incitations à la poursuite d'une activité après 57 ans», annoncées le mois dernier à Paris.
- " laisser le Smic diminuer par rapport au salaire moyen», de façon à accroître la demande de travail pour les jeunes ; sur ce point, l'OCDE regrette que le contraire ait été fait en 2005, même si le gouvernement s'est engagé «à poursuivre la réduction des cotisations sociales sur les bas salaires».
- Redynamiser les embauches
En clair procéder à «l'assouplissement de la législation de protection de l'emploi». Jean-Philippe Cotis considère que le CNE (Contrat nouvelles embauches) et le CPE pour les moins de 26 ans sont de nature à lever les réticences des employeurs : «les CDI (contrats à durée indéterminée), sont trop rigides, en raison du coût élevé des licenciements et des incertitudes liées aux recours devant les tribunaux» explique-t-il.
«Cet empilement de contrats spécifiques ne va pas dans le sens de la simplification», la meilleure solution «serait d'aller vers un contrat général plus souple», selon Jean-Philippe Cotis.
Il souligne la similitude du CNE avec la possibilité donnée outre-Rhin par le gouvernement Merkel aux entreprises de prolonger la période d'essai jusqu'à deux ans, au lieu de six mois auparavant.
Une sorte de caution de l'OCDE aux réformes Villepin.