Pour les études supérieures, rien ne vaut les grandes écoles
Publié le 02 juin 2006 à 09:55
Tous les jeunes diplômés ne connaissent pas les mêmes difficultés d'insertion sur le marché du travail
Un colloque organisé le 6 juin au Sénat planchera sur le lien entre "entreprises et jeunes diplômés".
après la crise du CPE et l'adoption par le Parlement d'une série de mesures favorisant l'emploi des moins de 26 ans, la situation des jeunes est toujours difficile.
Les jeunes diplômés n'échappent pas cette règle, puisque "15 % à 20 % d'entre eux sont à la recherche d'un emploi, un an après la fin de leurs études", indiquait hier Jean-Paul Emorine, président de la commission des Affaires économiques du Sénat en présentant un colloque organisé mardi prochain sur le thème "entreprises et jeunes diplômés", en présence de Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi.
Aujourd'hui, la France compte 2,3 millions d'étudiants de l'enseignement supérieur, dont 1,3 sont à l'université. Et chaque année, 750.000 jeunes entrent dans la vie active après avoir poursuivi des études.
De récentes enquêtes montrent que les diplômés dans les matières généralistes (histoire, psychologie...) ont plus de difficultés à s'insérer sur le marché du travail que les diplômés de matières professionnelles et techniques et que les diplômés des grandes écoles. En 2005, deux jeunes récemment diplômés des grandes écoles sur trois avaient ainsi une activité professionnelle.
Quant aux jeunes diplômés de l'enseignement supérieur, ils ont plus de mal à trouver un premier emploi stable et sont souvent moins recherchés par les entreprises. Celles-ci recrutent davantage des profils de techniciens supérieurs à bac + 2 (BTS, DUT...) ou des profils cadres à bac + 5 (grandes écoles, mastère) que des profils intermédiaires, titulaires de licence ou de maîtrise.
Pour favoriser l'insertion professionnelle des jeunes diplômés, Gérard Larcher souhaite développer les stages en entreprise, améliorer le dispositif d'orientation des jeunes (un site dédié à l'orientation, piloté par le Centre Inffo, sera mis en place avant l'été) et revaloriser l'enseignement professionnel au sein de l'université.
Aujourd'hui, seuls 17 % des apprentis, soit 62.900 jeunes, préparent un diplôme de l'enseignement supérieur (50 % BTS et 50 % diplôme universitaire). Au 1er janvier 2005, 63 universités préparaient des étudiants dans cette filière et "l'objectif est d'avoir 100.000 apprentis d'ici à 2010", a précisé le ministre, qui plaide aussi pour le développement de la formation en alternance dans les grandes entreprises. Il va d'ailleurs rencontrer dès la mi-juin des DRH pour les "sensibiliser" à cette question.