Retraites : plus de 700.000 manifestants selon la CGT …
Publié le 22 mai 2008 à 20:21
… et 300.000, quand même, selon la police !
Le mouvement de protestation contre la réforme des retraites, beaucoup plus suivi en province qu'à Paris, aurait, de source syndicale, mobilisé 700.000 personnes en France !
Dans 153 villes de France donc, plus de 700.000 personnes auraient, selon la CGT, participé aujourd'hui jeudi 22 mai 2008 aux manifestations organisées dans le cadre de la journée d'action pour les retraites et contre le projet gouvernemental d'allongement de la durée de cotisation à 41 ans.
Le syndicat affirme même que 10% de cet effectif, soit 70.000 personnes, aurait défilé à Paris, un chiffre certes important mais à comparer aux estimations du ministère de l'Intérieur qui, comme lors des grands mouvements sociaux des années soixante à quatre-vingts, minimisait leur ampleur bien que le nombre de 28.000 ait été avancé.
"C'est plus qu'on ne pensait" a indiqué un des cadres de la CGT à notre confrère l'AFP alors que, pour sa part, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, le fait que la barre des 500.000 ait été franchie est le symbole inopposable d'un succès. Voilà, en tout état de cause, un élément nouveau du rapport de force entre le « peuple » et le « pouvoir », quand bien même la Direction générale de la police nationale (DGPN) ait affirmé que, selon ses propres décomptes, dans 126 villes la mobilisation, seules 300.000 personnes s'étaient mobilisées. C'est déjà beaucoup !
Les syndicats n'ont d'autre dessein que de pousser le gouvernement à amender son plan sur les retraites, un plan qui, chacun le sait, entérine l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans ! Mais les CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et l'Unsa tous venus afficher leur unité pour "la défense de la retraite solidaire" doivent faire des contre-propositions car le compte, assurément, n'y est pas ! L'allongement de la durée de cotisation est une piste mais il en existe d'autres et les syndicats entendent bien peser contre un projet gouvernemental qu'ils jugent peu ambitieux et obérant seulement les revenus des salariés.
Si au terme de cette journée une chose est sûre c'est que le gouvernement ne pourra ignorer cet élan massif et devra donc revoir sa copie, comme se plaisent à dire les syndicalistes, « sous la pression de la rue » … Que va-t-il se passer désormais ? Nul ne le sait ! Car le Premier ministre semble vouloir écarter toute remise en cause de l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation dès 2009, un principe selon lui "acté" il y a cinq ans déjà, en 2003.
À la SNCF, la direction comptabilisait, à 11H00 du matin, un taux - non négligeable – d'une personne sur quatre gréviste mais, grâce au service minimum qui a pu être mis en œuvre pour la seconde fois, au plan national, les perturbations étaient relativement limitées. De même, en région parisienne, le trafic RATP était normal sur l'ensemble du réseau. En province, seuls certains réseaux connaissaient des perturbations à l'instar de la cité Phocéenne mais aussi à Lyon ou à Strasbourg. Quant au trafic aérien, il était normal à Roissy et à peine perturbé à Orly. Finalement, c'est dans la Fonction publique que les personnels ont été appelés à participer "massivement aux manifestations" avec un nombre très important, toutes proportions gardées, de grévistes à la Poste, chez EDF, à Radio France, … autant de personnels finalement peu concernés par ces perspectives qui inquiètent davantage les salariés du privé et en particulier au sein des TPE et des PME. Il n'en reste pas moins que, malgré leurs divergences, les principaux syndicats prêts à négocier - CFDT, CFE et CGC - ne sont pas finalement opposés au principe des 41 ans ! Histoire, simplement, de brouiller cartes, ils veulent remettre en cause le calendrier de la mesure, une mesure que tous les économistes et de tous bords jugent de toutes façons insuffisante en durée. Bref, nous voilà en présence d'un dialogue de sourds, avec des syndicats qui espèrent que le gouvernement relancera la concertation sur les retraites, avec un gouvernement qui n'ose pas – pas encore ? – annoncer que les 41 ans pourraient s'allonger de 10 ou 20% comme dans bien d'autres démocraties développées en Europe occidentale. En outre, en filigrane ; se profile la "remise à plat" du financement de la Sécurité sociale qui demeure un problème chronique de nos finances publiques … Alors, la pénibilité des tâches, l'emploi des seniors, la préservation de « droits acquis » d'une autre ère, tout ceci paraît, in fine, bien dérisoire alors que nos finances publiques continuent et continueront de se dégrader sauf à accepter comme l'ont fait certains pays, notamment nordiques, une vraie rupture …