Sodicome inaugure près de Rennes le 1er centre en France valorisant les déchets médicaux en matière à haut pouvoir calorifique

Par Bernard M.
Publié le 30 janvier 2013 à 09:22

Pour répondre à un contexte réglementaire plus soutenu et à la nécessité pour la région Bretagne de traiter ses DASRI sur son sol, Sodicome, spécialisée depuis 1994 dans la collecte des Déchets d'Activités de Soins à Risques Infectieux (DASRI), vient de mettre en service un centre de traitement « dernière génération » à Saint-Gilles près de Rennes. Ce centre multi-clients, totalement innovant en France traite les déchets en milieu hermétique et les transforme en matière à fort pouvoir calorifique valorisable en ressource énergétique. D'une capacité de traitement de 3000 tonnes par an, il va permettre à la Bretagne de traiter sur son sol 100% des DASRI produits. L'installation répond à un besoin régional et est co-financée par l'Europe (FEDER), Rennes Métropole, la Région Bretagne et Nestadio Capital des Fonds d'Investissement de Bretagne.

La PME bretonne Sodicome inaugure un centre de traitement des DASRI totalement innovant en présence de Michel Cadot, préfet de Région et de Pierrick Massiot, président de la région Bretagne. Utilisant une nouvelle technologie de traitement des déchets médicaux par désinfection appelée banalisation, ce nouveau centre traite les déchets collectés dans les hôpitaux, laboratoires et toutes structures médicales (seringues, plastiques, verres, textiles non tissés, tubulures, filtre d'hémodialyse, boites de pétri, etc.). Grâce à deux banaliseurs Ecostéryls AMB hermétiques (sans émissions), les DASRI sont automatiquement transformés en broyat inerte valorisable après traitement par micro-ondes. Le nouveau procédé utilisé se déroule en deux phases continues : broyage des déchets pour atteindre une taille minimum de 20 mm puis traitement par micro-ondes à une température de 100°C pendant une heure afin de détruire tous les micro-organismes et de produire un broyat exempt d'eau valorisable en ressources énergétiques à fort pouvoir calorifique pour les chaufferies urbaines. Cette nouvelle technologie propre de banalisation des DASRI est une première en France pour un centre multi-clients d'une telle capacité. Elle présente de nombreux atouts tant en termes d'efficacité (traitement en continu -jusqu'à 300 kg par heure-, performance de la décontamination contrôlée en permanence, broyat très fin et sec valorisable) que de sécurité (pas de mise sous vide ou de vapeur sous pression, télémaintenance des machines répondant à des normes strictes (ISO 9001, C.E.,...) ou d'absence de nuisance (zéro rejet de vapeur, d'eau, d'odeur,...). Un enjeu pour le traitement des DASRI de Bretagne Selon les derniers chiffres du PREDAS (Plan Régional d'Elimination des Déchets d'Activité de Soin), les DASRI produites en Bretagne sont estimées à 6500 tonnes/an. Jusqu'ici, ils étaient éliminés principalement par l'incinérateur de Brest (2500 t en 2007), sachant que les hôpitaux de Saint Brieuc et de Vannes disposent chacun d'un banaliseur traitant leur propres DASRI (522 t au total en 2007). Le reste était acheminé par camion vers les incinérateurs des régions voisines (Le Mans, Nantes, Caen,...), avec l'impact environnemental évident que cela représente, sans compter les risques inhérents au transport des matières dangereuses. Avec une capacité de traitement de 3000 t/an, le nouveau centre de Sodicome va permettre à la Bretagne de traiter 100% de ses DASRI sur son sol, conformément au PREDAS et au code de l'environnement qui prévoient le traitement des déchets au plus près de leur lieu de production. Contexte règlementaire des DASRI Les déchets produits par les activités de soins (services des maladies infectieuses, d'hépatologie, de phtisiologie, des unités d'isolement, des services de chirurgie, d'obstétrique et de gynécologie, etc.) font l'objet d'une collecte et d'un traitement spécifique. L'article R1335-8 du code de la Santé Publique n'autorise que deux modes de traitement des DASRI : l'incinération ou la banalisation. Du fait de l'augmentation du volume de DASRI collectés, le mode de traitement par désinfection ou banalisation s'avère une technique efficiente de traitement des déchets dans une logique de proximité. D'autant que les machines dernière génération décontaminent tous les déchets, y compris les coupants, tranchants et piquants, solides et liquides et les transforment en matière à fort pouvoir calorifique directement valorisable dans les chaufferies collectives de proximité depuis que le décret n° 2012-602 du 30 avril 2012 et l'arrêté du 3 octobre 2012, stipulent que le broyât n'est plus assimilé à un déchet mais à un matériau. L'installation est co-financée par l'Europe (FEDER), Rennes Métropole, la Région Bretagne et Nestadio Capital des Fonds d'Investissement de Bretagne, actionnaire de Sodicome.