Temps de travail : Aubry s'en prend à la volonté de Breton de vouloir le libéraliser

Par Bernard M.
Publié le 27 octobre 2006 à 11:45

Martine Aubry, secrétaire nationale du PS à l'emploi, s'en est pris jeudi à la proposition de Thierry Breton de libéraliser la réglementation du temps de travail, accusant le gouvernement de préparer "une fois de plus, une régression sociale".

Le ministre de l'Economie s'est déclaré favorable, dans un entretien à l'Express paru le même jour, à "une réforme législative (...) permettant à chaque secteur - et, idéalement, à chaque entreprise - de négocier le régime hebdomadaire de base le mieux adapté à son contexte économique".



"La vérité, c'est qu'une fois de plus, le gouvernement nous prépare une régression sociale.



"Faut-il rappeler que la loi est là pour fixer les protections minimales des salariés comme nous l'imposent d'ailleurs les conventions que nous avons ratifiées du Bureau international du travail ?", ajoute l'auteur des lois sur les 35 heures.



La maire de Lille rapproche la volonté de dialogue social dont se prévaut Thierry Breton de la "manière autoritaire" pratiquée par la majorité, qui vient de réintroduire par un amendement à la loi un décret annulé par le Conseil d'Etat sur le temps de travail dans l'hôtellerie-restauration.



"L'autoritarisme, ce gouvernement connaît, lui qui a imposé le CNE, le CPE dans la précipitation, la suppression du lundi de Pentecôte, sans aucune concertation et avec une brutalité sans précédent", s'exclame l'ancien ministre.



La responsable socialiste rappelle enfin une enquête de la Sofres de janvier 2006, selon laquelle les Français plaçaient les 35 heures en deuxième position parmi les faits positifs marquants des 25 dernières années.