Un plan national d'action pour les plus vieilles moules de France
Publié le 06 janvier 2010 à 10:20
La France héberge 80% des dernières Grande Mulettes du monde. Conformément à son engagement de stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2010, le gouvernement a mis en place, en 2009, un plan national d’actions visant à sauver l’espèce de l’extinction.
La France héberge 80% des dernières Grande Mulettes du monde. Conformément à son engagement de stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2010, le gouvernement a mis en place, en 2009, un plan national d’actions visant à sauver l’espèce de l’extinction. Ce plan prévoit également des mesures pour la Mulette perlière, moins menacée dans l’immédiat, mais témoin crucial du fonctionnement naturel des rivières. Le projet est coordonné par la DIREN Centre et porté par la société Biotope (bureau d’études spécialisé faune-flore-environnement) et le Muséum national d’Histoire naturelle. 2010, année internationale de la biodiversité, sera l’année de la finalisation de ce plan national d’actions pour les Mulettes et de sa mise en place effective, avec l’espoir de sauver les dernières « grand-mères » des eaux douces de France d’une extinction programmée.
On les appelle Margaritifera pour « porteuses de perles ». La Grande Mulette et la Mulette perlière sont deux espèces de moules d’eau douce à la longévité exceptionnelle : plus de 150 ans pour la première et jusqu’à 200 ans pour la seconde. Ces deux espèces vivent respectivement en aval des grands fleuves et en amont des rivières cristallines, où elles filtrent les particules en suspension. Autrefois largement répandues dans la plupart des cours d’eau d’Europe, elles ont vu leur répartition diminuer peu à peu jusqu’à la quasi extinction. Et pour cause, ces « grand-mères » des rivières ne se reproduisent quasiment plus depuis plusieurs décennies. En cause : la dégradation écologique importante des rivières en France.
La Mulette perlière n’est pas de l’avis des gestionnaires de l’eau. Alors qu’un cours d’eau contenant moins de 50 mg par litre de nitrates est considéré comme ayant atteint un bon état écologique, qu’une eau de robinet contenant moins de 25 mg par litre de nitrates est considérée comme potable, la Mulette perlière ne se reproduit plus si la concentration dépasse les 1,6 mg par litre de nitrates !
La Grande Mulette, qui vit en aval des grands fleuves, semble plus tolérante quant à l’eutrophisation. Toutefois, son déclin est encore plus drastique. Autrefois présente du Danemark au Portugal, elle ne subsisterait plus que sur quelques centaines de kilomètres de cours d’eau : on ne connait plus qu’une population en Espagne et trois en France. Les causes de cette diminution sont mal connues, mais la quasi-disparition de son poisson-hôte (l’Esturgeon d’Europe), les remaniements des fleuves (en particulier les dragages) et la dégradation de la qualité de l’eau sont mis en cause. En l’absence de reproduction, les dernières Grandes Mulettes des fleuves lents disparaissent peu à peu. Leur aire de répartition a été réduite de plus de 90 % sur les deux derniers siècles. Elle est aujourd’hui classée dans la catégorie « En danger critique d’extinction » par l’UICN.
De nombreux gestionnaires se sont portés également partenaires de ce plan national d’actions tels que les Réseaux Ferrés de France, les Voies Navigables de France, l’Etablissement Public de la Charente.