Un rapport du CNC préconise de fermer une centaine de blocs opératoires
Publié le 19 avril 2006 à 10:35
Un rapport préconise au nom de la qualité des soins de fermer "sans délai" 113 blocs opératoires d'hôpitaux publics qui effectuent moins de 2.000 actes chirurgicaux par an
Dans un rapport remis au ministre de la Santé Xavier Bertrand et dévoilé dans Le Monde daté de mercredi, le secrétaire général du Conseil national de la Chirurgie (CNC) Guy Vallancien estime qu'il faut fermer "sans délai" 113 blocs.
M. Bertrand, invité de la chaîne Direct 8 mardi soir, a affirmé : "je n'ai pas de plan pour fermer tel ou tel hôpital ou tel ou tel bloc chirurgical".
Il a indiqué "ne pas croire" à la "règle" des 2.000 actes par an, préférant le "sur-mesure" et considérant que "ce n'est pas parce qu'il y a peu d'interventions que la pratique est de mauvaise qualité".
"Je vais demander aux agences régionales d'hospitalisation d'aller voir les élus, les professionnels de santé pour voir avec eux comment on fait" pour le cas des 113 services cités par le rapport, a-t-il dit.
Car la question est en effet ultra-sensible chez les élus locaux. Pourtant, "fermer un bloc opératoire, ce n'est pas obligatoirement fermer l'hôpital", a déclaré le Pr Jacques Domergue, président du CNC, à l'intention en particulier des maires des communes concernées.
"Les maires, qui sont souvent les présidents des conseils d'administration des hôpitaux, sont opposés à ce qu'on ferme la chirurgie dans leur secteur, parce que dans l'esprit des Français quand on ferme le bloc opératoire, c'est comme si on fermait l'hôpital", explique M. Domergue.
Or les lits supprimés peuvent "être reconvertis, par exemple en lits de soins de suite ou en lits pour personnes âgées", assure-t-il, "avec le maintien des emplois, bien sûr".
Le rapport rappelle à ce propos qu'une fois encore, deux logiques s'affrontent, "l'une médicale" et "l'autre politique, privilégiant l'aménagement du territoire".
Reste que, selon le rapport, moins de 1% de la population française habite "à plus de 30 km d'un établissement de soins doté d'un bloc opératoire" et seulement 0,3% "à plus d'une heure de route d'un service de chirurgie".
Et dans le même temps, maintenir un nombre trop faible d'actes chirurgicaux dans un service devient dangereux.
Le document évalue ainsi à 113 le nombre d'hôpitaux qui réalisent moins de 2.000 actes chirurgicaux dans l'année.
Or, le CNC avait déjà estimé, dans des recommandations présentées en septembre, que le seuil de viabilité des blocs opératoires était d'un minimum de 2.000 interventions par an pour 50.000 habitants.
Le rapport cite par exemple le centre hospitalier de Saint-Yrieix-La-Perche (Haute Vienne) où ne sont réalisés que 48 actes par an, celui de Cognac (Charentes, 123 actes) ou encore l'hôpital suburbain du Bouscat (Gironde, 130 actes).
Ce rapport formule dix propositions, parmi lesquelles la publication "dès 2007" des recommandations "des seuils d'activité chirurgicale, sans en faire un couperet" et l'affichage "dans les hôpitaux des types et du nombre d'opérations par an de chaque service de chirurgie".