Une complicité malsaine

Par Bernard M.
Publié le 20 septembre 2006 à 13:07

Lundi soir, en seconde partie de soirée, la grande chaîne du service public nous promet à travers de son émission « Complément d’enquête » d’en savoir plus, de mieux comprendre, de mieux appréhender les coulisses de l’« immigration choisie ». Par rapport à la grille de programmes habituels, cela valait la peine de se tenir éveillé, non ?

Arrive donc ce moment longtemps attendu après un navet en première partie et une publicité tellement abondante mais finalement de telle qualité qu’elle en devient ce qu’il y a de plus regardable.



Emaillée de reportages, l’émission animée et présentée par Benoît Duquesne avait véritablement tout pour déplaire, un peu comme si tous les courants de l’ex gauche plurielle avaient mis leur grain de sel pour élaborer un brulot anti Sarkozy on ne peut plus primaire, un lynchage médiatique techniquement bien orchestré mais qui, malheureusement - et cela confirme le caractère spécieux de la direction de l’information de France 2 – ne relevait que de la mise en scène et du mensonge.



Chronologiquement, tout était savamment calculé pour que soient lavés nos cerveaux et que, de façon plus subliminale, soit aiguisée notre compassion pour les « non choisis » d’une immigration présentée, à l’envi, comme ségrégationniste.



Dès le premier sujet, le cas d’un malien expulsé vers Bamako, les micros et caméras nous montrent un homme d’apparence saine, parlant correctement le français, ayant été reconduit dans son pays d’origine alors que sa femme et sa fille sont restées en France. Sur ce point crucial, pas un mot ! Sur le passé, l’éventuel casier judiciaire de l’intéressé, les vides de son dossier pour être régularisé, pas davantage de commentaires. Il apparaît donc à l’écran, arguments de la « voix off » en appui, comme la victime d’une politique inacceptable, celle qui résulte de la désormais célèbre circulaire du ministre de l’Intérieur.

Les autres reportages qui s’ensuivirent étaient de la même veine, mettant l’accent sur des cas particuliers, apparemment sans pour autant l’expliquer, victimes d’erreurs de l’Administration et des jugements par trop hâtifs des préfectures en charge de la lise en oeuvre de ladite circulaire.



Les quelques minutes accordées au candidat naturel de l’UMP pour l’élection de l’an prochain ne lui auront permis que de dénoncer la récupération politique et politicienne de ces affaires et de justifier, expliquer, tenter de convaincre que ses décisions allaient dans le sens de ce qu’attendent nos compatriotes. Dire les choses et les répéter. Voilà à quoi le ministre Sarkozy fut réduit face un suppôt d’un Satan bien organisé représenté par un animateur qui, jusqu’ici, n’avait pas prêté son nom à pareille entreprise.



Il était tout autant effarant de voir que la décision de justice ayant conduit à la fermeture du squat de Cachan ait été à ce point contournée et détournée par les collectivités locales; la mairie (PS) de la ville et le conseil général (PC) ont tout fait pour médiatiser cet endroit insalubre où désormais sont attachées des équipes médicales et des aides en matière sanitaire comme sociale pour des gens qui majoritairement n’ont plus rien à faire sur notre sol. Il y a en effet plus de monde à Cachan aujourd’hui qu’au mois de juin. L’hygiène et la sécurité du lieu se sont encore dégradées.



Ce coup de canif, cette entorse faite, par des élus locaux et départementaux contre les décisions de justice de notre pays, contre l’application de celles-ci par les forces de l’ordre, marquent d’une pierre noire une ère qui ne fait que commencer, période délétère et funeste où s’opposent la justice et le droit au manichéisme politicien et préélectoral de factions brisant les liens de cohésion qui subsistent au sein d’une République décidemment fort malade.