Villepin veut durcir la répression
Publié le 30 octobre 2006 à 17:02
Après le drame de Marseille
Sous le feu des critiques après l'incendie contre un bus à Marseille, le gouvernement a tenu une réunion de crise lundi à Matignon, lançant un appel à témoins pour retrouver les auteurs de ce "crime barbare" et annonçant un durcissement des poursuites en cas de guet-apens.
Parallèlement, un jeune homme de 16 ans a été grièvement blessé à l'oeil et hospitalisé, dans la nuit de samedi à dimanche à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), par un tir de flash-ball tiré par la police, a-t-on appris lundi de source policière et auprès de la famille.
Un an après les émeutes dans les banlieues à l'automne 2005, l'incendie volontaire d'un bus à Marseille, au cours duquel une jeune femme de 26 ans a été grièvement brûlée, a suscité l'indignation de toute la classe politique.
Ils ont désormais la possibilité de le faire sous X", c'est-à-dire anonymement, a déclaré Dominique de Villepin à l'issue de la réunion.
Le chef du gouvernement a demandé à son numéro deux, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, de "prendre toutes les dispositions nécessaires" pour arrêter les auteurs de l'incendie et "les traduire devant les tribunaux".
"Je demande des sanctions exemplaires et croyez-moi, nous les retrouverons.
C'est un engagement que j'ai pris devant la famille" de la jeune femme "et cet engagement sera tenu", a insisté M. Sarkozy.
Cette nouvelle disposition devrait être intégrée, sous forme d'amendement, dans le projet de loi sur la délinquance, qui sera débattu courant novembre à l'Assemblée, a-t-on précisé à Matignon.
Avant l'incident de Marseille, des jeunes s'en étaient déjà pris, la semaine dernière, à huit reprises, à des bus en Ile-de-France mais aussi en banlieue lyonnaise.
M. Sarkozy voudrait que l’on puisse prononcer des condamnations pénales contre des mineurs
M. Sarkozy, contre lequel se concentrent les attaques de la gauche et de l'extrême droite, a une nouvelle fois plaidé pour un changement de la législation de 1945 pour permettre des condamnations pénales contre des mineurs.
"Quand vous êtes une victime, qu'on vous balance un jerrican d'essence sur vous, est-ce que vous croyez que ça a beaucoup d'importance de savoir si celui qui fait ça a dix-huit ans et demi ou dix-sept ans et demi?", s'est-il interrogé à sa sortie de Matignon.
La gauche, les responsables du PS en tête, ont fustigé la politique du gouvernement dans les banlieues.
Tous ont estimé que "les engagements n'ont pas été tenus" et considèrent que le gouvernement, et particulièrement M. Sarkozy, a "gravement échoué" dans ce domaine.
En réponse à François Hollande qui accusait M. Sarkozy d'être un ministre de l'Intérieur "à temps partiel", l'UMP a qualifié lundi le patron du PS d "irresponsable à temps complet".
Les présidents de la SNCF et de la RATP, Anne-Marie Idrac et Pierre Mongin, ainsi que le ministre Dominique Perben (Transports) et le socialiste Jean-Paul Huchon, au titre de responsable des transports franciliens, participaient également à la réunion.