Visite surprise de le Pen dans un quartier difficile d'Argenteuil

Par Bernard M.
Publié le 06 avril 2007 à 15:50

Le candidat FN à la présidentielle Jean-Marie Le Pen est venu vendredi à Argenteuil faire une brève visite symbolique dans un quartier difficile, là même ou Nicolas Sarkozy avait été chahuté en 2005.

… a déclaré M. Le Pen en arrivant sur place, avant d'accéder à la "dalle" d'Argenteuil, là où le candidat UMP, alors ministre de l'Intérieur, avait fustigé "la racaille" au cours d'une visite très mouvementée en octobre 2005.



Le leader frontiste est reparti après environ 45 minutes sur place, après avoir dénoncé le mot "beur" qui "rejette l'assimilation" et estimé que les habitants de ces quartiers étaient "les branches de l'arbre France" et des "Français à part entière".



Il a justifié le thème central du Front national, la "préférence nationale", nécessaire pour ne pas "laisser de manière anarchique pourrir les situations les plus délicates".



Dans une indescriptible cohue de journalistes français et étrangers, qui contrastait avec la relative indifférence des badauds, le candidat FN s'est offert le luxe de s'adresser directement aux habitants de cette cité déshéritée, à l'endroit même où son rival UMP les avait choqués en employant le terme de "racaille" en 2005.


… nous voulons, nous, vous aider à sortir de ces ghettos de banlieues où les politiciens français vous ont parqués, pour vous traiter de racaille par la suite », a-t-il déclaré dans un haut-parleur, caché aux quelques dizaines d'habitants présents par une forêt de micros et de caméras. « Je ne suis pas venu ici faire un safari politico-médiatique » a-t-il encore déclaré.



Bref, cette visite avait pourtant tout d'une provocation à l'intention de Nicolas Sarkozy, qui avait renoncé jeudi à une visite d'un quartier populaire de la Croix-Rousse, à Lyon, où une manifestation hostile à sa venue l'attendait.



« Je ne me définis pas par rapport à Nicolas Sarkozy », a d'abord affirmé aux médias le leader du Front national, qu'un sondage donnait vendredi en hausse à 16%.



Au cours de sa brève allocution, le chef du FN a promis de "donner un espoir réel" aux habitants de la cité du Val d'Argent.



Ne laissant jamais indifférent, M. Le Pen aura réussi à se faire haïr davantage par certains mais aura aussi convaincu d’autres de voter pour lui …