10 millions de peluches Labubu vendues/mois : la folie qui enflamme et déclenche des émeutes mondiales
Publié le 28 août 2025 à 13:11
Depuis quelques mois, une petite créature à la moue espiègle et aux grandes dents déclenche une frénésie rarement vue dans l’univers des jouets. Les peluches Labubu, mi-lapin mi-monstre, ne laissent personne indifférent : elles provoquent files d’attente interminables, ruptures de stock et émeutes dans les magasins, tout en alimentant un marché parallèle de contrefaçons. Mais comment un simple jouet est-il devenu une véritable obsession mondiale ? Plongez dans les coulisses d’un phénomène orchestré au millimètre près…
L’apparition discrète d’un monstre attachant
Tout commence il y a une vingtaine d’années, loin des projecteurs, dans l’imaginaire foisonnant de l’illustrateur hongkongais Kasing Lung. À l’époque, Labubu n’est qu’un personnage de conte, griffonné sur une feuille de papier. Personne ne se doute alors que ce petit monstre aux allures de lapin deviendra la coqueluche planétaire des collectionneurs, des enfants… et même des stars internationales.
Labubu, c’est une bouille reconnaissable entre mille : des yeux pétillants, des dents proéminentes et un air à la fois espiègle et irrésistiblement attendrissant. Un cocktail qui va bientôt conquérir le monde.
Le passage du dessin à la peluche : le déclic Pop Mart
Le destin de Labubu bascule en 2022, lorsque Pop Mart, le géant chinois du jouet à collectionner, décide de donner vie à la créature sous forme de peluche colorée. Proposée dans des « boîtes surprises » à une vingtaine d’euros, la peluche se distingue par un design soigné et une rareté savamment entretenue.
Le succès est immédiat. En quelques semaines, les réseaux sociaux s’enflamment : vidéos d’unboxing, stories Instagram, challenges TikTok… Les peluches Labubu deviennent des objets de désir, d’autant plus convoités qu’elles sont difficiles à obtenir. Les adultes se prennent au jeu, les enfants supplient leurs parents, et très vite, la demande explose.
Une distribution millimétrée… pour mieux créer la rareté
Si le phénomène prend une telle ampleur, c’est aussi parce que Pop Mart orchestre sa distribution comme une véritable opération de communication. Plutôt que d’inonder les rayons, la marque choisit la pénurie organisée : les stocks sont limités, les points de vente rares, les réapprovisionnements imprévisibles.
Certaines boutiques n’ouvrent qu’à des dates précises, et chaque lancement tourne à la scène de liesse (ou de chaos) : à Berlin, en juillet, l’ouverture d’un nouveau magasin a vu des fans patienter jusqu’à sept heures dans la rue. À Londres, la vente a dû être suspendue après des mouvements de foule. Pop Mart savoure : chaque pénurie nourrit le mythe Labubu, chaque file d’attente dope la valeur perçue de la peluche.
- Des séries limitées, lancées à intervalles irréguliers.
- Des points de vente triés sur le volet, parfois éphémères.
- Une communication virale, pilotée par les réseaux sociaux et les influenceurs.
- Des collaborations avec des artistes et des marques, pour entretenir l’exclusivité.
La ruée mondiale… et ses dérives inattendues
Face à la demande explosive – plus de 10 millions de peluches écoulées chaque mois ! – un marché parallèle s’organise. Sur les marchés, dans les boutiques en ligne ou sur TikTok, les copies pullulent. Baptisées ironiquement « Lafufu », elles reprennent le look de Labubu, mais à moitié prix… et avec des finitions souvent douteuses.
Attention : ces contrefaçons ne répondent à aucune norme de sécurité. Certaines sont fabriquées à partir de pièces détachables, parfois mal fixées, qui peuvent présenter un risque pour les plus jeunes. Pourtant, leur succès sur les réseaux sociaux contribue à brouiller les pistes et à entretenir la fièvre Labubu.
Quand le jouet devient objet de spéculation
Derrière l’engouement populaire, une autre facette du phénomène intrigue : sur les sites de revente, les peluches Labubu authentiques s’arrachent à prix d’or, parfois dix fois leur valeur d’origine. Certains collectionneurs n’hésitent pas à parcourir des kilomètres, à camper devant les boutiques ou à dépenser des fortunes pour obtenir LE modèle rare.
Ce jeu de l’offre et de la demande propulse Labubu au rang d’icône pop, convoité autant pour sa mignonnerie que pour son potentiel spéculatif. Une dynamique amplifiée par la stratégie de Pop Mart, qui distille savamment les nouveautés et multiplie les variantes, parfois en collaboration avec des artistes de renom.
Pour éviter les mauvaises surprises, privilégiez les points de vente officiels et méfiez-vous des prix trop alléchants sur internet. Les peluches Labubu authentiques sont souvent accompagnées de certificats d’authenticité et d’un packaging soigné, difficile à imiter.
Un phénomène qui redéfinit le jouet à collectionner
Au-delà de la simple mode, l’histoire des peluches Labubu révèle comment un fabricant chinois a su réinventer l’art du jouet à collectionner : design irrésistible, storytelling inspiré, distribution sous haute tension, et surtout, une capacité à transformer chaque sortie en événement mondial.
Adulée par les petits et les grands, portée par les réseaux sociaux et les stars, Labubu n’est pas seulement une peluche : c’est le symbole d’une nouvelle ère, où le jouet devient objet de désir, de spéculation… et de fascination.