Bouleversement à l'ANPE
Publié le 31 janvier 2006 à 11:45
Les radiations de chômeurs qui auraient rejeté des offres d'emploi sont en baisse, mais les «absences au contrôle» entraînant des sorties de fichiers de l'ANPE sont en gausse
Concrètement, un chômeur est radié lorsqu'il ne répond pas aux propositions de l'agence : rejet de plusieurs offres d'emploi ou séances de «job dating» avec des chefs d'entreprise par exemple.
Depuis l'arrivée de Dominique de Villepin à Matignon, en juin dernier, les chiffres de l'ANPE indiquent 5 673 radiations administratives de moins par rapport à la même période de 2004.
En revanche, les sorties des fichiers de l'ANPE pour «absence au contrôle» ont enregistré une progression spectaculaire sur la même période. Depuis juin 2005, l'agence a ainsi «sorti» 115 467 chômeurs de plus qu'au cours de la même période de l'année précédente. Ces sorties interviennent lorsque le chômeur ne répond pas à la relance des Assedic.
A la fin du mois, le chômeur est censé leur faire parvenir sa «déclaration de situation mensuelle» (DSM) où il indique s'il a retrouvé un emploi ou non. Douze jours après la fin du mois, les Assedic relancent les chômeurs dont elles n'ont pas de nouvelles. En l'absence de réponse, elles le signalent alors à l'ANPE qui les radie pour «absence au contrôle».
Selon la dernière enquête de l'ANPE réalisée à fin juin 2005, 49,9% des chômeurs ne répondaient pas parce qu'ils avaient retrouvé un emploi. 20% se réinscrivaient dans les jours suivants. Pour les derniers 30%, peu ou pas d'explications : raisons personnelles, petits boulots, formation...
A en juger par le bond des «absences au contrôle», le renforcement du contrôle des chômeurs, en vigueur depuis août, est bel et bien entré dans les moeurs des agences ANPE.
La baisse du chômage depuis avril pourrait trouver une explication partielle par les mesures de renforcement du contrôle.