Bus incendiés, caillassages: la tension monte dans certaines banlieues d'Ile de France
Publié le 26 octobre 2006 à 17:46
Quatre bus incendiés en une nuit, dont l'un dérobé par un groupe armé, et des caillassages à Grigny: la tension est montée d'un cran dans des quartiers d'Ile-de-France, à la veille du 1er anniversaire du déclenchement des émeutes en banlieue.
Selon une source policière, un agresseur a placé son arme sur la tempe du chauffeur pour lui ordonner de quitter son siège.
"Ils ont ensuite dérobé le bus, qu'ils ont conduit sur une courte distance, puis y ont mis le feu", a ajouté le porte-parole de la RATP.
Les passagers et le chauffeur, très choqués, n'ont pas été blessés.
Selon la même source policière, le bus détourné a "fait un gymkhana" sur plusieurs centaines de mètres, a brisé une barrière puis s'est immobilisé sur le square Lénine, près de la cité de la Noue à Montreuil où il a été incendié.
Une situation que le premier ministre a commentée, jeudi, au cours d'une conférence dans les locaux de l'université de Cergy-Pontoise (Val d'Oise), en assurant que des "sanctions immédiates et exemplaires" seraient prises contre les auteurs de ces violences. "Nous refusons dans notre pays toute zone de non droit", a-t-il dit.
Plus tôt dans la soirée, un autre bus de la RATP avait aussi été pris pour cible non loin de là, à Nanterre, également par plusieurs personnes cagoulées, les passagers ayant eu juste le temps de descendre.
Aucune arrestation n'a eu lieu, la police judiciaire des Hauts-de-Seine a été saisie.
A Athis-Mons, une autre banlieue au sud de Paris, un autre bus a été attaqué par trois jeunes gens au visage à demi-dissimulé par des capuches.
Un autre bus a été la proie des flammes mercredi soir: aux Minguettes à Vénissieux, un véhicule appartenant à une compagnie privée a entièrement brûlé alors qu'il était stationné, vide, dans une rue.
Aux abords de la cité sensible de la Grande Borne à Grigny (Essonne), des bus, des voitures particulières et des véhicules de police ont été caillassés mercredi soir.
Dans la journée, divers incidents avaient conduit la société TICE (Transports intercommunaux essonniens) à suspendre le service sur 17 lignes de bus d'un réseau de l'Essonne.
Jusqu'à nouvel ordre, "le service se terminera le soir avant la tombée de la nuit, et contournera les quartiers sensibles, comme nous l'avions fait l'an dernier (au moment des violences en banlieue) pendant un mois ", avait indiqué mercredi soir le président de TICE, Stéphane Beaudet.
Ce regain de tension dans certaines banlieues de la région parisienne intervient à la veille du premier anniversaire des violences urbaines d'octobre 2005, qui avaient embrasé pendant trois semaines de nombreux quartiers dans plusieurs villes de France.