Gauche et UDF unis contre le CPE

Par Bernard M.
Publié le 31 janvier 2006 à 12:39

Le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, son homologue du groupe communiste et républicain, Alain Bocquet, et l'UDF ont l'intention de mener une bataille sans concession contre le "contrat première embauche" (CPE)

Le CPE est une des mesures les plus critiquées par les syndicats, la gauche et l'UDF du projet de loi sur l'égalité des chances dont l'examen par les députés commence mardi.

"Nous allons mener bataille contre le CPE car nous considérons que c'est une nouvelle étape franchie pour la mort du CDI (contrat à durée indéterminée)", a déclaré Jean-Marc Ayrault dans les couloirs du Palais-Bourbon.



Il a annoncé que les députés et sénateurs socialistes déposeraient une proposition de loi visant à créer un "contrat sécurité formation", c'est-à-dire un véritable CDI qui va concerner en priorité les jeunes".

"Ce sera un contrat adapté qui sera un CDI véritable pour des jeunes qui sont sans qualification et pour permettre véritablement leur insertion en entreprise", a-t-il expliqué.



"Notre combat n'est pas un combat par hasard, un combat d'opportunité. C'est un combat de fond, de conception de l'économie et de la société", a ajouté Jean-Marc Ayrault.

Pour Alain Bocquet, "c'est l'organisation et l'institutionnalisation de la précarité, pas seulement pour les jeunes. On ouvre la boîte de pandore de la démolition du code du travail". "On va mener la bataille contre le CPE", a-t-il dit.



"On va se battre contre ce contrat première embauche", a déclaré pour sa part François Sauvadet, porte-parole du groupe UDF. "C'est un contrat qui va fragiliser la situation des jeunes. On le fait dans l'urgence sans même que les partenaires sociaux aient été consultés."



"C'est une mauvaise réponse à une question qui se pose et dont la solution passe d'abord par la qualification et dans la formation", a poursuivi le député centriste qui a précisé que son groupe voterait contre le projet de loi si le CPE était maintenu.



L'opposition défendra toutes les motions de procédure qui visent à freiner, voire à bloquer, le déroulement des débats.



Ceux-ci doivent s'achever le 9 février, l'Assemblée devant se prononcer sur l'ensemble du texte par un vote le 21 février. Le Sénat devrait examiner ce texte à partir du 28 février.