Grosses amendes pour les parfumeurs
Publié le 14 mars 2006 à 12:12
Le Conseil de la concurrence a sanctionné 13 sociétés exploitant des marques de parfums et de cosmétiques de luxe ainsi que trois chaînes françaises de distribution pour s'être entendues avec leurs distributeurs sur les prix de vente aux consommateurs
La sanction, d'un montant total de 46,2 millions d'euros, concerne notamment L'Oréal Produits de luxe France (4,1 millions d'euros), Chanel (3 millions d'euros), Parfums Christian Dior (2,2 millions d'euros), Yves Saint Laurent (1,8 million), Guerlain (1,7 millions) et ELCO (Clinique et Estée Lauder) pour 1,6 million d'euros.
Parmi les distributeurs, Marionnaud s'est vu infliger une amende de 12,8 millions d'euros, Sephora (groupe LVMH) de 9,4 millions d'euros et Nocibé de 6,2 millions d'euros.
LVMH a immédiatement fait savoir que Sephora et les marques françaises de parfums du groupe allaient faire appel de la décision du conseil.
Le Conseil de la concurrence a constaté qu'entre les années 1997 et 2000, les exploitants se sont entendus avec les distributeurs de leur réseau pour faire cesser pour chaque produit de la marque toute concurrence entre les revendeurs au détail de ces produits en fixant un prix unique de vente au détail.
Dans un communiqué publié mardi, le conseil explique que chaque fournisseur fixait à ses distributeurs le "prix public indicatif, ainsi que le taux de remise maximum qu'ils étaient autorisés à pratiquer, de façon à uniformiser vers le haut les prix de détail des produits offerts à la vente".
Chaque entente organisée par le fournisseur s'est accompagnée de la mise en place d'une "police des prix consistant en des contrôles des prix pratiqués, des pressions et des menaces de représailles commerciales à l'égard des distributeurs qui refusaient d'appliquer les prix imposés par la marque et voulaient faire jouer la concurrence en vendant à des prix plus bas", ajoute-t-il.
Le Conseil, qui s'est auto-saisi dans cette affaire, souligne que les marques poursuivies ont fait valoir que l'uniformisation des prix de détail à un niveau élevé faisait partie de la défense de l'image de luxe de leur produits. En réalité, poursuit-il, l'absence de concurrence leur a tous permis "d'augmenter puis de se partager le surplus obtenu au détriment du consommateur".