La France perd du terrain à la Commission

Par Bernard M.
Publié le 09 novembre 2005 à 10:16

La Commission européenne doit annoncer aujourd'hui une série de changements stratégiques à la tête de l'administration communautaire

Et ces changements confirment la perte d'influence de la France à Bruxelles et la montée en puissance des Anglo-Saxons et des libéraux.



Jugés arrogants et trop nombreux dans la hiérarchie bruxelloise, les Français perdent, à partir d'aujourd'hui, deux postes clés : celui, très en vue, de porte-parole de la Commission, occupé jusqu'ici par Françoise Le Bail, et la direction générale de l'Energie et des Transports, (1 000 personnes), gérée depuis cinq ans par François Lamoureux, ancien du cabinet Delors.

Ces deux Français seront remplacés par des Allemands, plus jeunes, au tempérament plus lisse.



La direction de l'immense salle de presse de la Commission échoue ainsi à Johannes Laitenberger, 41 ans, membre du cabinet de Barroso, juriste de formation, parlant couramment le portugais. Chrétien démocrate, il a de bons contacts avec le Parti populaire européen (PPE), le groupe conservateur, majoritaire au Parlement.



Paris a bien essayé aussi de pousser l'un de ses candidats à la direction général du Commerce, un poste bien plus stratégique que l'agriculture, et décisif pour l'avenir des négociations à l'OMC. Elle ne l'a pas obtenu, pas plus qu'elle n'a eu la Recherche, autre fauteuil convoité, et décroché par un Espagnol.



A la demande du commissaire britannique Peter Mandelson, la direction du Commerce échouera à une Irlandaise, aux vues très libérales, Catherine Day.

Les Britanniques quant à eux ravissent aux Italiens la direction générale de l'Elargissement, confiée à Michael Leigh, alors que s'engagent cet hiver les négociations d'adhésion avec la Turquie et les Balkans.



Déjà très influents dans l'équipe Barroso, où ils détiennent les clés du commerce extérieur et du marché intérieur, les Anglo-Saxons confortent leurs positions dans les directions générales, là où se trouve le vrai pouvoir, ce qui donnera à la politique bruxelloise une orientation toujours plus libérale et anglophone.