La politique culturelle et l’élection présidentielle
Publié le 25 janvier 2007 à 15:19
Sur la question culturelle, Ségolène Royal est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance.
Ils sont 30% à lui faire confiance, bien plus que pour Nicolas Sarkozy (16%) et François Bayrou (15%). Les autres candidats recueillent 2 ou 3 % de citations chacun. Le score de Nicolas Sarkozy sur cette question révèle un hiatus entre sa popularité politique et sa crédibilité en matière de politique culturelle, bien moindre.
Cette confiance accordée à la candidate socialiste ne tient pas seulement à son appartenance politique puisque 57% des Français estiment que si la gauche était au pouvoir elle mènerait une politique culturelle ni meilleure ni moins bonne que celle de la droite, tout particulièrement les ouvriers (63%) et les plus jeunes (61% des 18-24 ans). Ils sont 29% à penser que la gauche ferait mieux que la droite (dont près d’un sympathisant socialiste sur deux, 47%) et 10% à juger qu’à l’inverse elle mènerait une politique culturelle moins bonne que celle de la droite.
Une majorité des Français (56%) estiment qu’à l’avenir le financement des activités culturelles et artistiques devrait être développé sur fonds publics.
Plus précisément, ils sont 31% à souhaiter le développement du financement public par les collectivités locales et 25% du financement public par l’Etat. Le financement par le privé de l’art et de la culture n’est pas très populaire.
Cependant cette opinion est très clivée politiquement. Si les Français dans leur ensemble sont 18% à estimer que c’est le moyen de financement à développer en priorité, les sympathisants de droite sont 25% de cet avis, plaçant ainsi les mécènes comme premier mode de financement à développer à l’avenir, devant les financements publics par l’Etat (23%) et par les collectivités locales (22%).
L’autofinancement est quant à lui considéré comme le mode de financement d’avenir de la culture pour 16% des Français.
Ainsi, il est avant tout prioritaire d’« entretenir le patrimoine culturel Français » pour 52% d’entre eux et de « favoriser l’accès des citoyens à la culture » pour 45%. En revanche il l’est moins aux yeux des Français de « défendre la diversité » (40%), « de soutenir les jeunes artistes » (32%) et de « promouvoir la culture française à l’étranger » (29%). L’objectif d’amener les citoyens vers la pratique de l’art est quant à lui jugé important mais pas prioritaire (« enseigner l’éducation artistique à l’école », « favoriser l’accès des citoyens à la pratique artistique » et « soutenir la création artistique »). Enfin, 45% des Français estiment que le développement « de nouveaux modes d’expression artistique » est secondaire.
Ici le clivage est avant tout sociologique et démographique : la plupart des objectifs sont jugés davantage prioritaires par les hommes, les jeunes, les PCS+ et les plus diplômés. Politiquement la principale différence réside dans la hiérarchisation, les sympathisants de droite soutenant davantage une politique culturelle qui « promeut la culture française à l’étranger » que les sympathisants de gauche (respectivement 33% et 27%) lesquels, en revanche, sont plus nombreux à souligner l’importance d’ « enseigner l’éducation artistique à l’école ».