La prise en charge des personnes âgées épinglée
Publié le 09 novembre 2005 à 18:03
Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, regrette dans un rapport rendu public mercredi que "de nombreuses insuffisances demeurent" dans la prise en charge des personnes âgées, citant en particulier le "nombre insuffisant de structures d'accueil"
"De nombreuses insuffisances demeurent: nombre insuffisant des structures d'accueil, problème de suivi de la qualité des prestations", a déclaré M. Séguin.
"Le phénomène de la dépendance des personnes âgées va se développer de manière exponentielle au cours des prochaines années", a rappelé M. Séguin.
"Ce n'est pas qu'un problème théorique: il touche chacun de nous dans sa vie familiale et nous confronte à des défis considérables sur les plans matériel et financier, à titre individuel et collectif", a-t-il ajouté.
Selon M. Séguin, "la collectivité sera de plus en plus appelée à prendre en charge la dépendance".
La Cour des comptes a d'ores et déjà évalué à environ 15 milliards d'euros le montant des dépenses publiques consacrées aux personnes âgées dépendantes, dont 60% sont pris en charge par l'assurance maladie, 20% par les départements et 10% par l'Etat.
"Les personnes âgées elles-mêmes garderont néanmoins à leur charge des dépenses très importantes, par exemple le coût très élevé de l'hébergement en maison de retraite", a relevé M. Séguin.
"Une part importante des insuffisances résulte d'une organisation complexe et inadaptée et d'une insuffisance de pilotage", a affirmé le premier président de la Cour, soulignant que "les intervenants sont nombreux et leurs rôles respectifs sont peu lisibles, chacun agissant souvent de manière cloisonnée".
"Au final, ce schéma peu cohérent confronte la personne âgée à une multiplicité d'intervenants et de financeurs, maintenant des cloisonnements d'inspiration très administrative, pour ne pas dire technocratique", a déploré M. Séguin, estimant que cette organisation "confuse" était la "résultante d'une absence de choix de la part des pouvoirs publics".
De même, M. Séguin a expliqué, concernant le financement de la prise en charge des personnes âgées, qu'"on en est à un tel degré de sophistication que le terme d'usine à gaz paraît encore trop faible".
"Il est possible d'organiser la prise en charge de la dépendance de manière plus simple, cohérente, et certainement logique, en l'érigeant, par exemple, en un cinquième risque de la Sécurité sociale", a conclu M. Séguin.