Le Haut Conseil de l'éducation définit le socle de connaissances
Publié le 31 mars 2006 à 10:36
Le Haut conseil de l'Education fixe sept piliers, dont la maîtrise du français, à connaître par l'élève à 16 ans
Installé le 8 novembre 2005 par le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, le Haut Conseil de l'éducation a rendu publiques, jeudi 30 mars, ses recommandations sur le socle commun de connaissances et de compétences que doivent maîtriser tous les élèves à l'issue de leur scolarité obligatoire.
La création de cette instance consultative, présidée par Bruno Racine, conseiller maître à la Cour des comptes et président du Centre Georges-Pompidou, était inscrite dans la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école du 23 avril 2005.
En préambule, le Haut Conseil rappelle que "150 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans aucune qualification, soit environ 20 % d'une classe d'âge" et que "l'égalité des chances n'est pas réalisée". L'acquisition du socle commun est, selon lui, un des moyens de corriger ces dérives en ce qu'il correspond à ce que nul n'est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire "sous peine de se trouver marginalisé ou handicapé". Il doit "assurer une formation de qualité et non proposer un enseignement au rabais".
Dans cette mission, "l'école a une obligation de résultats, effectifs et vérifiables", pour les neuf membres du Haut Conseil. Elle doit prévoir un accompagnement des élèves sous formes d'études surveillées ou encore de tutorat. Un premier palier de la maîtrise du socle commun est préconisé pour la fin de l'école primaire. Et en fin de troisième, le passage du diplôme national du brevet, qui sera rénové, pourrait sanctionner sa maîtrise.
Le contenu du socle est organisé en sept compétences et chacune d'entre elles requiert la contribution de plusieurs disciplines. Ainsi, même "les enseignements artistiques et l'éducation physique et sportive ont un rôle à jouer".
Pour le Haut Conseil, la maîtrise de la langue française - savoir lire, écrire et s'exprimer oralement - est un objectif "prioritaire" car elle conditionne la maîtrise des autres compétences.
La pratique d'une langue vivante étrangère est également au programme.
Pour ce qui est des mathématiques, le Haut Conseil recommande de "donner une importance accrue à la résolution de problèmes à partir de situations proches de la réalité" et d'insister notamment sur la nécessité de créer des automatismes en calcul, sur la notion de chance, de probabilité, d'incertitude, la proportionnalité et les présentations graphiques.
La culture scientifique et technique doit permettre à l'élève "d'accéder à une présentation globale et cohérente du monde". Elle contribue à distinguer "les faits démontrables des opinions et croyances". Il ne faut pas craindre d'aborder des notions complexes "comme l'ADN et les gènes". La maîtrise de l'ordinateur et d'Internet fait également partie du socle requis.
Conformément à la loi d'orientation, le socle doit contribuer à la transmission "d'une culture humaniste". Il doit apporter aux élèves les repères "indispensables pour comprendre le monde actuel : géographiques, historiques, connaître les principes de la production et de l'échange, connaître les événements fondateurs de l'histoire de France en les reliant au besoin à l'histoire du monde et du continent européen."
L'acquisition "de compétences sociales et civiques" et "d'autonomie et d'initiatives" est aussi inscrite dans les fondamentaux. "Vivre en société passe par la compréhension et le respect des règles de vie collective, le développement du sens de la responsabilité", estime le Haut Conseil. Se préparer à sa vie de citoyen suppose de connaître les règles de la vie démocratique, de maîtriser des notions juridiques de base et de développer son esprit critique.
Pour les membres du Haut Conseil, la mise en place du socle doit d'abord être faite à l'école primaire en contrôlant la maîtrise des bases en matière de lecture, d'écriture et de calcul, à la fin de l'année scolaire 2006-2007. Le ministre de l'éducation nationale fixera par décret la définition finale du socle de connaissances.