Le train le plus haut du monde est au Tibet
Publié le 26 juin 2006 à 10:51
Le 1er juillet s'élancera le premier train reliant la Chine au Tibet sur la voie ferrée la plus haute du monde
Les travaux, lancés dans les années 1950, avaient été suspendus après l'achèvement du tronçon entre Xining et Golmud. Ils avaient été relancés en 2001 avec un investissement de 20 milliards de yuans (2,5 milliards de dollars). A partir du 1er juillet, il sera donc possible de relier en deux jours Pékin à Lhassa (4.561 km), avec des wagons pressurisés.
"C'est un projet symbolique du développement de la Chine de l'ouest", une région à la traîne économiquement par rapport à l'est prospère, souligne la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu.
"Cela changera fondamentalement la situation arriérée des infrastructures, élèvera le niveau de vie de toutes les ethnies et renforcera le développement rapide du secteur du tourisme", estime-t-elle.
Avec le troisième aéroport tibétain, opérationnel également en juillet, les autorités régionales s'attendent d'ici 2010 à un doublement des touristes sur le "Toit du Monde" (estimation de 2,5 millions cette année), pour un revenu espéré de 5,8 milliards de yuans (725 millions de dollars). Le tourisme est déjà la principale industrie du Tibet.
Et selon les agences de voyages, le public s'est précipité afin d'acheter les premiers billets pour ce trajet qui traverse des paysages du plateau tibétain à couper le souffle, à plus de 4.000 mètres d'altitude, avec une portion à 5.072 m.
"Le voyage au Tibet est considéré par les Chinois comme un voyage vers la route du ciel, très attendu par beaucoup", explique Zhao Hongyu de CYTS, l'une des premières agences de voyages chinoises.
"Le chemin de fer va nous permettre d'enrichir nos produits, parce que c'est moins cher que l'avion, de 1.000 à 3.000 yuans de moins (entre 125 et 375 dollars), et que c'est plus facile pour les gens de s'adapter au manque d'oxygène", poursuit-elle.
Jusqu'à présent, la seule possibilité pour se rendre à Lhassa était la route ou l'avion, avec des billets à plus de 2.000 yuans (250 dollars).
La Chine, en pleine croissance, est également très intéressée par l'exploitation des minerais du Tibet, notamment le cuivre.
"Je suis sûr que ce chemin de fer va pousser en avant le développement de cette région. Depuis des années, les voies de communication sont un gros problème qui l'empêche de progresser", souligne Zhang Xiaode, économiste spécialisé dans le développement de l'ouest du pays.
Cet expert, comme beaucoup d'écologistes, s'inquiète cependant des conséquences pour un écosystème fragile et jusqu'à présent peu fréquenté par l'homme, même si les autorités affirment avoir dépensé 1,54 milliard de yuans pour la protection des espèces rares, comme les antilopes tibétaines, et l'environnement.