Les 25 à Salzbourg pour relancer l'Europe
Publié le 28 janvier 2006 à 14:48
Le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, fêté vendredi 27 janvier à Salzbourg, aura été l'occasion pour les Vingt-Cinq de tenter une relance de la construction européenne
Cette initiative de réconciliation des peuples avec les institutions de l'Union a dominé l'ouverture de la conférence "Mélodie d'Europe", qui réunit jusqu'à samedi à Salzbourg quelque 300 personnalités politiques, scientifiques, artistiques et médiatiques sous l'égide de la président autrichienne de l'UE.
Cette conférence ayant pour objet l'avenir de l'Union, les interventions du Premier ministre français Dominique de Villepin et de son homologue néerlandais Jan Peter Balkenende étaient particulièrement attendues.
"Soyons lucides, nous sommes confrontés à une crise profonde", a souligné d'emblée le chef du gouvernement français, après avoir rendu hommage à la ville où "Mozart vit, Mozart respire".
De son propre aveu, "le rejet du projet de traité constitutionnel par deux pays fondateurs de l'Union a constitué une épreuve pour le projet européen".
Dominique de Villepin voit dans ce rejet une "crise de décision européenne", qu'illustre le débat actuel sur la prorogation de la TVA à 5,5% dans le bâtiment, "que bien des peuples ont du mal à comprendre" alors que cette question "concerne des centaines de milliers d'emplois dans neuf pays de l'Union européenne". Il y voit aussi une "crise d'identité", les citoyens de l'UE s'interrogeant sur "le sens du projet européen" dans une Union qui poursuit son élargissement sans qu'ils soient consultés.
"Que voulons-nous devenir?", a lancé le Premier ministre français. "Un ensemble fédéral sur le modèle des Etats-Unis ? Une fédération d'Etats-nations ? Ou bien voulons-nous être un simple espace économique qui se définit par l'absence de frontières et de barrières douanières?" Autant de questions que "nous avons tous à l'esprit" mais que "nous n'avons jamais tranchées ensemble", a-t-il observé. Il juge qu'il est "temps de reprendre le débat et de fixer un cap".
Car à ses yeux, "si l'Europe se réduit à un projet économique, si elle n'a d'autre ambition que de marché, si les Etats ne voient dans l'adhésion que le moyen d'accéder à certains avantages économiques, alors notre Europe n'a pas d'avenir".
Jan Peter Balkenende a reconnu pour sa part que le processus d'élargissement avait "peut-être été trop vite", au point de rendre l'Union quelque peu "abstraite" pour ses citoyens. Pour lui, il s'agit là d'une étape difficile de la construction européenne marquée par ailleurs par de "nombreux succès". Résolument optimiste, il a déclaré ne pas y déceler le signe d'une crise, contrairement à son collègue français, tout en plaidant pour une meilleure compréhension des projets européens.