Les TIC pour relancer l'emploi aux Etats-Unis ? Un pari risqué de Barack Obama …
Publié le 10 décembre 2008 à 14:20
Le futur président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est exprimé à deux occasions au cours de la semaine écoulée sur les éléments fondamentaux de son plan économique.
Tout en annonçant un plan sans précédent depuis les années 50, Barack Obama nous décrit quand même un New Deal en version XXIe siècle, s'inspirant pour partie du président Franklin Roosevelt durant la grande dépression des années 30, mais en misant davantage sur les ferments de valeur ajoutée que recèle son grand pays.
Au premier rang figure une dépense publique extrêmement accrue, cause d’une augmentation encore plus forte d’une dette américaine déjà largement supérieure à celle enregistrée lors de la crise de 1929. Mais le nouvel élu démocrate l’a assuré : ce sera par la commande publique que sera créé le travail dont manquent aujourd’hui les d'américains confrontés à un taux de chômage record. Rien ne sera donc négligé : la construction de routes, la création ou la réfection de ponts, … pour donner à l’adage « quand le bâtiment va, tout va » toute sa valeur. Mais lorsque l’on décrypte le message ce ne sont pas que les industries primaires et secondaires qui seront soutenues publiquement, pas seulement …
Ironie ou utopie, dans ce pays où tout est possible, dans cette terre où a été inventé Internet, pour le nouveau locataire de la Maison Blanche, chaque enfant devra avoir la possibilité de se connecter ! Et Barack Obama le promet, comme l’un des objectifs majeurs de sa présidence. Pour autant, le haut débit, vu sous cet angle, ne crée pas de valeur et pourrait même nuire à l’efficacité, en termes galants, ou mieux à la productivité, en termes clairs, lorsque l’on a sans discontinuer ce « fil à la patte ».
Question de fierté aussi, sans doute, car sa déclaration, « nous allons rénover nos écoles et nos autoroutes, mais nous allons aussi rénover nos autoroutes de l'information » vient nous rappeler combien le futur président, dans sa vidéo actualisée en ligne chaque semaine sur www.change.gov, se sent blessé de constater que les Etats-Unis ne se situent seulement qu’au 15ème rang mondial en matière d'adoption du haut débit. Un constat pour lui inacceptable !
Le futur président a confirmé avec tous les regrets sincères d’un homme qui mesure l’ampleur de sa tâche que les Etats-Unis avaient effectivement perdu près de 533 000 emplois rien qu’en novembre. Et ce nombre atteint le seuil des 2 millions en termes d’emplois perdus, depuis les débuts de la récession. Le défi est énorme et les « mesurettes » et solutions d’urgence n’y feront rien. Voilà la raison pour laquelle Barack Obama a précisé qu'il ne voulait pas d'emplois à court terme. En revanche, il a l’ambition de vouloir en créer. Beaucoup. Installés dans la durée.
Conscient des turbulences fortes auxquelles il devra se frotter et qui ne font que commencer, parce que la période est troublée, parce qu'en matière d'économie les règles s’imposent comme dans le bâtiment, soit l’édification des tours après de solides fondations, il est conscient et le dit, quitte à se répéter, qu’« avant d'aller mieux, les choses vont d'abord empirer ».
Notre président, Nicolas Sarkozy, est allé encore plus loin : il a dépeint une société transformée, mutée en profondeur, au sortir d’une crise qui sera longue, dure, et qui n’épargnera personne.
Le constat, après un quart de siècle, au moins, de délocalisations, de désindustrialisation, de transferts sans précautions de nos centres de profits et de création de valeur ajoutée vers les pays émergents est à la fois sévère et apparemment sans issue : les pays les plus développés (qui ne sont plus les pays les plus industrialisés) ne peuvent plus aujourd’hui compter que sur deux de leurs richesses : les technologies environnementales, d’une part et celles liées au logiciel et aux télécommunications d’autre part. Le reste a quitté, depuis longtemps, notre sphère d’influence.
Mais ce ne sont ni n’eau déchets et notre eau potable ou recyclée, ni nos brevets sur les TIC détenus par nos multinationales implantées dans nos entreprises ou celles de nos partenaires du G7 qui permettront un retour au « wellfare », un regain, durable, de prospérité. Le développement et l’aménagement durables, pas plus que les TIC, ne permettront pas, pris seuls ou séparément, de relever la tête. Même s’ils y contribueront. Pour partie. La planification stratégique et la réindustrialisation de nos territoires devront revenir en force dans les programmes gouvernementaux au prix sans doute, d’une révision en profondeur des structures de coûts qui pèsent sur le travail.