Les boulettes du Pape Benoît XVI
Publié le 15 mai 2009 à 17:39
Qu’il ait un avis anachronique sur l’usage des préservatifs, ce n’est ni grave ni inquiétant.
Mais d’autres faits et gestes commencent à créer des tensions qui dépassent largement la tolérance et qui remettent en cause le « vivre ensemble ». Avec nos différences.
Commencer sa tournée au Proche-Orient par la capitale de la Jordanie, petit royaume dont on sait que la majorité absolue de la population est palestinienne et non hachémite comme on nous le laisse croire si souvent, c’est une erreur. Ne pas céder en boutant hors du Vatican ses amis négationnistes ou révisionnistes, c’est franchir la ligne blanche, un délit qui, dans ce cas précis, devrait le priver de tous ses points de son « permis de conduire ». Plus sérieux encore, il a été, a bon droit, critiqué, en Israël, pour avoir omis d'évoquer, au mémorial de Yad Vashem, les six millions de juifs victimes du nazisme. Il est vrai que ce n’est qu’un détail … Tenter de réparer ces boulettes dont on ne peut que supposer qu’elles soient volontaires, boulettes formées d’oublis ou omissions, en dénonçant vendredi 15 mai, "l'extermination brutale" des juifs par les nazis, c’est à la fois très grave et inacceptable. Pourquoi ? Car l’expression même, jouant sur des nuances qu’il maîtrise parfaitement, laisse supposer que l’extermination peut être éventuellement dénoncée et donc qu’exterminer des juifs n’est pas si grave sauf … à le faire de manière par trop brutale ! Ne pas avoir parlé de la responsabilité allemande ou usé du mot "nazi" et ne pas s'être excusé en tant qu'Allemand et catholique pour l'extermination des juifs, voilà déjà des bonnes raisons pour le disqualifier totalement. Quant à son semblant de séance de rattrapage, déjà tant de fois peaufinée et avec davantage d’élégance, consistant à répéter « qu'il soit universellement reconnu que l'Etat d'Israël ait le droit d'exister et de jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement acceptées » ce n’est finalement que paraphraser les décisions de l’ONU. In fine, ce voyage symbolique, censé apporter une pierre à l’édifice d’une paix durable dans la région et la mise en perspective de la création, sous conditions, d’un état palestinien, est un ratage complet ! Dommage, car un Pape, allemand, aurait pu par sa position et son influence peser le cours de l’Histoire. Avec tous ces faux-pas, elle se fera sans lui … même s’il a le sentiment d'avoir été entendu.