Réforme de l’Ecole nationale de la magistrature
Publié le 26 février 2008 à 09:47
L’Ecole nationale de la magistrature (ENM) va élargir son recrutement à des profils plus diversifiés et rénover son concours d’entrée pour mieux prendre en compte les "capacités humaines" des futurs magistrats, selon un projet de réforme présenté le 22 février par Rachida Dati
La ministre de la Justice a annoncé lors d’une conférence de presse à la Chancellerie une réforme en 21 points de l’ENM de Bordeaux. Elle sera présentée le 25 mars au conseil d’administration de l’école pour une entrée en application dès 2009.
La réforme prévoit d’abord de diversifier la composition du jury d’admission en y asseyant, aux côtés des habituels magistrats et juristes, un avocat, un sociologue et un psychologue chargés de corriger les "tests de personnalité" destinés à "repérer d’éventuelles fragilités".
"On cherche chez les candidats des connaissances techniques mais il faut aussi repérer les capacités humaines", a déclaré la ministre, se disant aussi "convaincue que la justice sera mieux comprise si la magistrature reflète davantage la diversité de notre société".
Ainsi, l’accès à l’ENM devra être facilité pour les personnes déjà dans la vie active (fonctionnaires ou issus du privé) et pour les jeunes de milieu modeste. Après Paris en janvier 2008, deux nouvelles classes préparatoires intégrées seront ouvertes en janvier 2009 à Bordeaux et Lyon. Il s’agit d’aider pendant quelques mois des étudiants de milieux défavorisés à préparer le concours.
La ministre s’est dite favorable à un système de tutorat pour accompagner les magistrats dans leur première affectation. Enfin, après le stage de six mois en cabinet d’avocat inauguré cette année pour les étudiants de la formation initiale, un stage obligatoire à l’étranger sera créé pour les promotions entamant leur cursus en 2009.