'Réussir ensemble' : le projet du PS pour 2007 se dessine. Enfin.
Publié le 24 mai 2006 à 21:13
Intitulé "Réussir ensemble", le projet du PS pour 2007, en chantier, depuis janvier dernier, prend forme. Il est même entré dans sa dernière phase, une phase plus délicate car elle imposera aux dirigeants de la formation de procéder à des remaniements comme à des arbitrages.
La commission du projet, que préside, bien normalement, le premier secrétaire, François Hollande, doit finaliser ce texte, le 6 juin, devant le Bureau national.
En revanche, son adoption définitive n’interviendra pas avant le 1er juillet, lors de leur prochaine convention nationale.
Une première synthèse des travaux, articulée autour de points forts, a été rendue publique et se veut résolument inscrite au-delà de la présidentielle, c’est-à-dire dans une perspective décennale, un temps jugé nécessaire pour redonner un sens à l’action commune du PS.
Voici donc, égrenées à l’instar des 101 propositions pour la France de François Mitterrand, les grandes mesures proposées par les socialistes :
Quatre directions sont proposées :
. stimuler le pouvoir d'achat "par la négociation sociale" (patronat, syndicats, Etat), SMIC "à 1.500 euros au moins" d'ici 2012;
. favoriser l'embauche en calculant les cotisations patronales "sur l'ensemble de la richesse produite et non sur les seuls salaires";
. encourager l'innovation en modulant le taux de l'impôt sur les sociétés selon que le bénéfice est distribué ou réinvesti;
. renforcer l'enseignement supérieur et la recherche (hausse de 10% par an pendant cinq ans du budget de la recherche).
En outre, "nous relancerons la négociation pour généraliser les 35 heures" déclare-t-on volontiers au siège du PS.
- Suppression du CNE, modulation des cotisations patronales selon le taux de précarité de l'emploi dans l'entreprise;
- "couverture professionnelle universelle", notamment grâce à "un droit individuel à la formation tout au long de la vie, d'autant plus élevé que la formation initiale aura été courte";
- Jeunes: contrat dénommé Entrée dans la vie active (EVA), pour l'accès à l'emploi ou la formation avec une allocation à la clé (2.500 à 3.000 euros par an, selon un responsable du PS).
- Service public de la petite enfance offrant un encadrement "dès l'âge de trois ans"; "renforcer les moyens financiers" des ZEP;
- Renforcer les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations; "le mariage et l'adoption seront ouverts aux couples de même sexe".
- "Niveau minimal de pension garantie qui devra s'approcher du SMIC"; "les améliorations devront reposer sur des financements supplémentaires";
- "la politique du logement sera une priorité absolue" (Etablissements publics fonciers, 120.000 logements construits par an)
- aller vers "un impôt citoyen sur le revenu en rendant la CSG progressive", comme l'impôt sur le revenu. A terme, "nous fusionnerons ces deux impôts".
Restaurer "les mécanismes de régularisation permanente, en maintenant la possibilité de régularisation automatique après dix ans de résidence"; "droit de vote aux étrangers aux élections locales, après cinq ans de résidence légale".
Réduire la part du nucléaire par le passage "à 20% d'ici 2020, et à 50% à plus long terme, de la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie"; "fiscalité écologique" en "généralisant la taxation générale des activités polluantes".
- "Rééquilibrer profondément la répartition des pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre"; mandat unique pour les parlementaires; "co-maîtrise de l'ordre du jour" parlementaire entre le parlement et le gouvernement;
- Ces réformes seront soumises à "un référendum".
"La construction d'une Europe à plusieurs dimensions est indispensable" et passe par "le recours à des solutions à géométrie variable, selon les affinités, les complémentarités" entre Etats; "l'élargissement doit dans un premier temps se limiter à l'examen des candidatures actuelles".
Des enquêtes discrètes d’opinion suivront sans doute celles qui ont déjà été faites pour valider l’adhésion des forces de gauche mais aussi au-delà afin de ne pas reproduire le scénario de 2002.