Un chômage en baisse malgré tout

Par Bernard M.
Publié le 23 mars 2006 à 09:29

Et selon l'Insee dans sa note de conjoncture publiée jeudi, cette baisse du chômage devrait se poursuivre pour revenir à 9,2% mi-2006, malgré la hausse de janvier, grâce à une accélération des créations d'emplois (110.000 en six mois) et montée en charge des emplois aidés



L'emploi total en France a augmenté en 2005 de près de 80.000 personnes (après 43.000 en 2004), selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, l'emploi privé progressant de 50.000 personnes, contre 16.000 en 2004.

Les créations d'emplois salariés ne progresseraient pas plus vite au début de l'année 2006 qu'à la fin de l'année 2005, avec une prévision de 25.000 emplois supplémentaires au cours des six premiers mois de l'année.



L'apport des contrats nouvelles embauches (CNE) dans les créations d'emplois serait de 10.000 à 20.000 par trimestre, selon l'Insee, qui donne pour la première fois son estimation du nombre de CNE potentiellement créés depuis leur mise en place en août 2005.



Les contrats aidés en revanche vont jouer à fond en 2006, la montée en charge du plan de cohésion sociale participant largement, selon l'Insee, à la hausse de l'emploi total de 110.000 personnes au premier semestre 2006, après une année 2005 de transition, où les dispositifs en place ont été modifiés.



En 2005, dans le secteur non marchand, le nombre de bénéficiaires des anciens contrats (CEC et CES) a fortement diminué suite à leur arrêt (-142.000), une baisse juste compensée par la création des contrats d'avenir et contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE, + 137.000).



En revanche, la croissance dans l'emploi marchand restera stabilisé au début de l'année 2006, avec un recul de l'emploi industriel moins rapide que les années précédentes et des créations d'emplois toujours "dynamiques" dans la construction, estime l'Insee.



Dans le secteur tertiaire, le rythme des créations d'emplois, assez élevé durant les deux années précédentes (+80.000 en 2004 et +100.000 en 2005) va se stabiliser, l'Insee prévoyant 45.000 créations au premier semestre, le commerce notamment renouant avec les créations d'emplois.



Du coup, le chômage, établi, au sens du BIT, à 9,6% de la population active fin décembre 2005, continuerait à baisser pour s'établir à 9,2% à la fin juin 2006, un niveau qu'il n'a pas atteint depuis octobre 2002. Et ceci, malgré la légère augmentation du nombre de chômeurs (+6.000 personnes) en janvier.



Car le chômage des jeunes notamment, qui a amorcé sa décrue plus tardivement que les autres classes d'âge, pour atteindre un taux de chômage de 22,1% fin 2005 (contre 22,5% fin 2004), est remonté en janvier (+0,4%).



La poursuite de la baisse du taux de chômage au cours du premier semestre 2006 permettra au salaire de base de progresser, tandis que la croissance économique "plus robuste" favorisera les primes et la transformation en temps complet de postes en temps partiel.



Dans ce contexte, l'Insee prévoit que le salaire moyen par tête dans le secteur concurrentiel progresserait de 2,8% à la fin du premier semestre 2006 contre 2,7% fin 2005. Pour l'Insee, la croissance du pouvoir d'achat en 2006 serait d'au moins de 2,1%.