Une immigration sélective au Canada

Par Bernard M.
Publié le 20 novembre 2005 à 07:28

Deuxième destination mondiale des migrations, le Canada a un système sélectif et planifié pour gérer des flux jugés essentiels à la bonne marche de l'économie.

Le Canada est la deuxième destination mondiale des migrations, après l'Australie. Il rassemble plus de 200 groupes ethniques différents. En 2004, quelque 190 000 personnes ont obtenu la citoyenneté canadienne. Chaque année, ce pays de 32 millions d'habitants – dont un sur six est issu de l'immigration – accueille entre 220 000 et 240 000 nouveaux arrivants.

Le gouvernement vient de réévaluer, pour l'an prochain, ses objectifs à 300 000 immigrants.



«L'immigration a toujours été et continuera d'être un outil primordial à la construction du Canada, affirme Joe Volpe, ministre fédéral de l'Immigration. Un programme d'immigration efficace est essentiel à notre prospérité économique et sociale.» Et le pays tire sa prospérité de l'immigration



Confronté à une pénurie de main-d'oeuvre dans de nombreux secteurs et dans de nombreuses régions, le Canada a choisi une immigration sélective et planifiée.



Chaque province et territoire est consulté. Les acteurs de la société civile (associations, formations politiques, chefs d'entreprises, etc.) ont aussi leur mot à dire. Les candidats sont recrutés en fonction d'une série de critères (âge, formation, polyvalence, connaissance des langues...). Quelque 60% des immigrés sont des travailleurs qualifiés ou des investisseurs, le reste relevant du regroupement familial ou de l'humanitaire. «Nous gardons l'oeil sur ces proportions, insistent les services d'immigration. Nous voulons sélectionner des candidats dont on est sûr qu'ils vont contribuer à la croissance de notre pays.»

Et, pour demander le rattachement de parents, il faut pouvoir subvenir à leurs besoins pendant dix ans. Environ 15 000 candidats ont ainsi été refusés l'an dernier.



Le délai d'attente pour obtenir un visa de résident permanent est en moyenne de deux ans. Des programmes spécifiques à chaque province, ciblant certaines professions, permettent cependant d'accélérer la procédure.

Car le souhait du Canada est désormais de mieux répartir ses immigrés dans son vaste territoire.



Tout n'est pas rose cependant : le principal problème demeure la reconnaissance des diplômes et des antécédents professionnels étrangers.

Six mois après leur arrivée, seuls 20% des immigrés disent exercer un emploi correspondant à leurs compétences.

De même, il faut compter une dizaine d'années avant qu'un nouvel arrivant n'atteigne le niveau de revenu des autres Canadiens. Et, pour les personnes nées à l'étranger, le taux de chômage est le double de la moyenne nationale.