LEP : pourquoi le taux va chuter brutalement fin août et comment éviter de trop perdre

LEP : pourquoi le taux va chuter brutalement fin août et comment éviter de trop perdre
Par Laetitia Laporte
Publié le 10 juillet 2025 à 07:00

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), longtemps considéré comme un refuge pour les petits épargnants, va voir son taux d’intérêt révisé à la baisse dès la fin août 2025. Ce placement, qui attire de plus en plus de Français aux revenus modestes, pourrait perdre une partie de son attrait si la tendance se confirme.

Un produit d’épargne apprécié pour sa rentabilité

Depuis février 2024, le LEP affiche un taux net de 5 %, contre seulement 3 % pour le Livret A. Une performance rare dans le paysage bancaire actuel, renforcée par une fiscalité ultra-avantageuse : les intérêts sont exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux.

Ce taux élevé avait été maintenu dans un contexte d’inflation galopante, afin de protéger le pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles. Résultat : près de 10 millions de personnes détenaient un LEP fin 2024. Un chiffre en hausse constante, porté par la crise économique et la baisse de la confiance dans les marchés financiers.

Conditions d’accès au LEP

Le LEP reste néanmoins un livret soumis à conditions. Il s’adresse exclusivement aux personnes majeures, domiciliées fiscalement en France, et dont le revenu fiscal de référence n’excède pas un certain seuil.

En 2025, ce plafond est fixé à environ 22 000 € pour une personne seule. Il augmente en fonction du nombre de parts fiscales du foyer. Chaque année, les détenteurs doivent fournir leur avis d’imposition pour continuer à en bénéficier.

Le plafond de dépôt est actuellement de 10 000 € (hors intérêts capitalisés). Une revalorisation avait été opérée en 2023 pour élargir la capacité d’épargne.

Une souplesse appréciable

Le LEP séduit aussi pour sa flexibilité. Les fonds sont disponibles à tout moment, sans pénalité. Une sécurité bienvenue pour celles et ceux qui souhaitent épargner sans contrainte et garder une réserve en cas d’imprévu.

Mais ce petit bijou de l’épargne réglementée est sur le point de perdre un peu de son éclat. Une révision de son taux aura lieu le 1ᵉʳ août, et tout indique qu’il sera revu à la baisse.

Pourquoi le taux va chuter ?

Le taux du LEP est calculé selon une formule indexée sur l’inflation hors tabac des six mois précédents. Cette moyenne est arrondie au dixième supérieur. Problème : l’inflation sur cette période n’a atteint que 0,88 %.

Dans un scénario purement mécanique, le taux pourrait donc s’effondrer à 0,9 %. Mais heureusement, plusieurs garde-fous empêchent une telle chute brutale.

Des garanties pour limiter la baisse

Première protection : le taux du LEP ne peut jamais passer sous celui du Livret A augmenté de 0,5 point. Or, le Livret A devrait rester à 1,7 % en août, ce qui fixe un seuil minimal à 2,2 % pour le LEP.

Deuxième filet de sécurité : le pouvoir discrétionnaire du gouverneur de la Banque de France et du ministère de l’Économie. Ces derniers peuvent décider de déroger à la formule classique pour éviter une trop forte volatilité. Ce fut le cas lors des dernières révisions, où le taux théorique avait été ignoré au profit d’un taux stabilisé plus favorable.

Un nouveau taux connu en juillet

Les épargnants devront encore patienter quelques jours pour connaître le verdict. Le nouveau taux du LEP sera officiellement communiqué courant juillet pour une application dès le 1er août 2025.

En attendant, ceux qui le peuvent sont encouragés à maximiser leurs dépôts sur ce livret, tant que le taux actuel est encore en vigueur.

Conclusion : un placement toujours utile

Même en cas de baisse, le LEP continuera probablement d’offrir un rendement supérieur à la moyenne des livrets réglementés. Il reste un outil essentiel d’épargne de précaution pour les foyers modestes, à condition d’en respecter les critères d’éligibilité.

La chute annoncée de son taux ne signe donc pas la fin de son attractivité, mais rappelle que même les placements les plus sûrs ne sont jamais totalement à l’abri des aléas économiques.