200 magistrats montent au créneau

Par Bernard M.
Publié le 10 février 2006 à 13:52

La commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau a reçu deux cents signatures de magistrats en colère

Juges d’instruction, présidents de Tribunal de grande instance, juges de l’application des peines, ils sont originaires de toute la France et souhaitent être entendus sur les conditions de fonctionnement de la justice.



Après le désastre judiciaire de l’affaire d’Outreau, ils veulent qu’on ne se « focalise pas sur des personnes ».



A l’origine de cette pétition, Simone Gaboriau, la présidente de la Cour d’appel de Versailles. « Il y a une volonté de prendre la parole. Les magistrats veulent exposer leur difficulté pour appliquer des textes contradictoires, compliqués techniquement et parler de leurs conditions matérielles de travail », a-t-elle expliquée. Les juges souhaitent également discuter de l’application des textes votés par le parlement.



Ce courrier a été transmis mercredi soir à André Vallini, le président de la commission d’enquête parlementaire.



De son côté, le Syndicat de la magistrature considère la médiatisation de l'audition du juge Burgaud incompatible « avec une réflexion de fond sur [la] justice pénale ». La commission doit « résister à la tentation de se transformer en tribunal parlementaire », selon le syndicat, qui fustige également les « habituels parangons de la répression, qui feignent de découvrir avec effroi les dégâts causés par cette politique du tout répressif qu'ils ont promue à l'occasion des dernières réformes liberticides »