Bayrou, 'seul candidat capable de traire une vache'
Publié le 01 mars 2007 à 08:21
La presse européenne commence à s'intéresser à ce « troisième homme » apparaissant dans une campagne française qui jusqu'ici sentait un peu « la naphtaline » avec, dans les programmes des deux principaux candidats, « du vieux et du très vieux » (Financial Times)
Après la « vertigineuse ascension » dans les sondages du leader de l'UDF, elle part à la rencontre d'un homme que jusqu'à présent elle méconnaissait. Elle s'enfonce dans la province française, décrit un fils d'agriculteur au « parcours atypique à l'écart des élites parisiennes », « le seul candidat capable de traire une vache et de conduire un tracteur » (El Pais), un leader de parti qui se garde des rubriques people et ne met pas en avant femme et enfants (Süddeusche Zeitung).
Elle découvre que François Bayrou élève des chevaux, et elle file avec entrain la métaphore, pariant sur les chances de cet « outsider » dans une course qui ne se jouerait plus seulement entre le « pur-sang » Sarkozy et « la gazelle » Royal.
L'éditorialiste du Guardian invite même ses lecteurs « à se précipiter toute affaire cessante chez leur bookmaker le plus proche pour parier tout leur argent sur François Bayrou, le prochain président français ».
Suivez mon conseil, insiste-t-il, même s'il a « moins de charisme que notre prochain premier ministre britannique, Gordon Brown », il sera le « président de la France » pour la simple et bonne raison que « la moitié de ce pays hait un candidat et que l'autre moitié déteste son rival ». Ou plus simplement que le public français est « saturé de Sarkorama et de la Madone socialiste » (Corriere Della Serra).
Les éditorialistes de la presse étrangère mesurent les chances de ce « centriste français qui commence à irriter les candidats qui font la course en tête » (International Herald Tribune) à la vigueur des attaques dont il est depuis peu l'objet. Ils en viennent à imaginer « le fiasco » que pourrait à nouveau connaître la gauche française avec un candidat écartant Ségolène Royal du second tour de la présidentielle comme Lionel Jospin l'avait été par Jean-Marie Le Pen (The Independent).
Ils ont aussi le regard tourné vers l'Italie et les difficultés que connaît Romano Prodi à vouloir concilier le centre et la gauche. La complexité de l'entreprise inspire peut-être la conclusion du Financial Times qui juge « difficile, même avec beaucoup d'imagination, d'envisager un scénario conduisant un candidat centriste à l'Élysée ».